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Les États-Unis et le monde... En attendant mieux

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Avec le temps, il y a des anniversaires qui passent et qu’on ne relève plus. C’est ce qui est arrivé mardi dernier avec l’accord sur le programme nucléaire de l’Iran. Il n’était pas vieux pourtant, cinq ans à peine. Barack Obama avait trouvé le moyen de modérer les transports des Iraniens. Sans offrir mieux, Donald Trump a tout jeté aux poubelles. Comme tant d’autres choses.

Dans la Bible, le livre de la Genèse décrit la création du monde, six journées chargées pour Dieu, chacune se terminant avec « Il y eut un soir et il y eut un matin... » Puis, tout est différent. On en vient à de telles références mythiques pour ce qui attend les États-Unis et le reste du monde, une fois l’actuel président hors de la Maison-Blanche.

À voir les choses aller, la politique étrangère américaine subira une métamorphose qui la fera passer du chaos à l’ordre. Joe Biden n’est pas le Sauveur, mais il ne peut pas faire pire. Donald Trump avec son « America First » a dilapidé la bienveillance que les grands alliés des États-Unis avaient envers la superpuissance.

À preuve, sa gestion apocalyptique de la pandémie fait maintenant en sorte qu’on ne veut voir les Américains ni au Canada ni en Europe ni en Océanie. Une poignée de pays, assoiffés de dollars américains, restent prêts à ouvrir leurs frontières : Albanie, Belarus et Kosovo, notamment... pas tout à fait des destinations de rêve.

Une dose de cohérence

Juste un peu de bonne volonté de la part de Joe Biden à l’égard des alliés traditionnels des États-Unis sera accueillie avec autant d’enthousiasme que la libération de la France en 1944.

Le candidat démocrate présumé à la présidence s’engage, dès son premier jour à la Maison-Blanche, à réintégrer l’Accord de Paris sur le climat, un geste qui redonnera aux États-Unis un rôle central dans ce qui s’annonce pour être le grand combat du 21e siècle : la lutte aux changements climatiques.

Face à la Chine qui s’engaillardit chaque jour un peu plus, les États-Unis bénéficieront de s’arracher à l’actuelle relation amour-haine où Donald Trump vagabonde entre son admiration pour Xi Jinping, l’imposition de tarifs aux exportations chinoises et l’espoir d’achat massif de produits agricoles par Pékin.

Des amis peu fréquentables

Soyons réalistes, le président Trump a initié quelques élans que personne ne veut vraiment briser. Dans un long essai publié fin-janvier par la revue Foreign Affairs, l’ancien vice-président de Barack Obama reconnaît, lui aussi, que « nous devons ramener la grande majorité de nos troupes à la maison après les guerres en Afghanistan et au Moyen-Orient et définir étroitement notre mission comme étant de vaincre Al-Qaïda et l’État islamique. »

Cela dit, on peut déjà entrevoir – dans l’éventualité de la victoire de Biden sur Trump – de grands changements en politique étrangère américaine que seuls quelques autocrates et autres dictateurs regretteront.

De Mohammed ben Salmane, le prince héritier saoudien, qui n’a pas eu à assumer le meurtre crapuleux du journaliste Jamal Khashoggi, à Kim Jong-un, le tyran nord-coréen qui ne concevait sûrement pas, même dans ses rêves les plus fous, la reconnaissance mondiale que lui ont procurée ses rencontres avec le président américain.

Sans oublier Vladimir Poutine, le président russe, qui s’est tout permis – jusqu’à verser des primes pour chaque soldat américain tué en Afghanistan – sans que Donald Trump ne monte le ton. Cette relation-là, elle restera un mystère.

Le président Trump... ils s’en ennuieront.

Mohammed ben Salmane

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Photo d'archives, TVA Nouvelles

♦ Prince héritier saoudien

La Maison-Blanche est restée inactive, bien que la CIA ait conclu qu’il avait ordonné le meurtre du chroniqueur du Washington Post, Jamal Khashoggi.


Kim Jong-un

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Photo AFP

♦ Dictateur nord-coréen

Tout en développant son programme nucléaire et de missiles balistiques, il s’est attiré une crédibilité toute neuve grâce à trois rencontres avec le président Trump : à Singapour en juin 2018, au Vietnam en février 2019 et dans la zone démilitarisée entre les deux Corées en juin 2019.


Bachar al-Assad

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♦ Dictateur syrien

 Bien qu’ayant subi des bombardements américains après l’utilisation d’armes chimiques, le retrait des troupes américaines a assuré la survie de son régime grâce à l’aide de la Russie et de l’Iran.


Vladimir Poutine

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Photo AFP

♦ Président russe

Il a enchaîné les agressions (cyberattaques, ingérence électorale, etc.), les actes d’intimidation militaire (avions russes dans l’espace aérien de membres de l’OTAN, etc.) et les attaques pures et simples contre les soldats américains (via les talibans en Afghanistan). Donald Trump continue, malgré tout, d’avoir un faible pour lui, au point d’envisager ouvertement de l’inviter au prochain sommet du G7 à Washington en septembre prochain.

LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE DONALD TRUMP

« Marche arrière toute ! »

Janvier 2017

Retrait du Partenariat Trans-Pacifique, un traité de libre-échange entre 12 partenaires, dont le Canada.

Mai 2017

Renégociation forcée de l’ALENA, le traité nord-américain de libre-échange.

Juin 2017

Retrait de l’Accord de Paris sur le climat, une entente entre 195 pays pour protéger l’environnement.

Juin 2017

Réimposition des interdictions de voyage et de commerce avec Cuba.

Mai 2018

Retrait du JCPOA, l’accord sur l’encadrement du programme nucléaire de l’Iran.

Juin 2018

Retrait du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à cause d’un « parti pris chronique contre Israël ».

Octobre 2019

Retrait de la Syrie et abandon des combattants kurdes ayant livré bataille contre les extrémistes de l’État islamique.