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Une travailleuse de rang vient en aide aux agriculteurs

Seulement 12 femmes font ce métier au Québec

Diane Carle
Photo collaboration spéciale, Simon Dessureault Diane Carle sillonne le milieu agricole comme travailleuse de rang dans la région de Lanaudière.

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JOLIETTE | La détresse psychologique des agriculteurs de Lanaudière est telle que l’UPA s’est dotée d’une travailleuse de rang, qui pave la voie de ce métier méconnu, pratiqué par une douzaine de femmes au Québec.

« Je vis toute une immersion dans le monde agricole, alors que certains traînent des états dépressifs depuis longtemps », a affirmé d’entrée de jeu Diane Carle, qui a notamment œuvré en psychiatrie à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et auprès des aînés.

Travailleuse sociale de profession, Mme Carle a été engagée comme travailleuse de rang par l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Lanaudière en février.

En demande

« Ça fait deux ans qu’on avait la réflexion d’embaucher une travailleuse de rang, mais on n’avait pas les ressources financières », a pour sa part expliqué Annie-Claude Moreau, répondante au dossier de la santé psychologique de l’UPA de Lanaudière.

« Certains de nos membres en faisaient la demande, alors que c’était plus tabou dans le passé », a-t-elle poursuivi.

Bien que Diane Carle ne soit pas la seule à faire ce métier au Québec, peu de gens en connaissent l’existence. En fait, elles ne sont que 12 femmes à l’exercer dans différentes régions de la province.

« J’ai eu à parler à un médecin qui m’a demandé “c’est quoi, ça, une travailleuse de rang”. Il y a encore beaucoup de travail à faire », a souligné Mme Carle.

Elle a donc dû rapidement s’intégrer à ce milieu qu’elle ne connaissait pas, en participant, par exemple, à plusieurs assemblées générales annuelles d’agriculteurs.

« Au début, c’était du chinois pour moi, ces réunions, a illustré la dame. J’ai distribué beaucoup de cartes d’affaires discrètement, ils ont fini par appeler et j’ai eu des signalements. » Mme Carle a eu une cinquantaine de communications avec des agriculteurs, dont 21 prises en charge directes depuis quatre mois.

« Le plus gros problème est relié à l’incertitude financière, a-t-elle résumé. Présentement, ça ne va pas bien avec les foins, et il y a des pertes de revenus qui se font sentir avec les quotas de lait. »

Il y a également beaucoup de conflits familiaux reliés à la relève agricole manquante, de l’isolement, ainsi que des incertitudes reliées à la météo et aux maladies d’animaux.

« La ferme, c’est la famille, et la famille, c’est la ferme. Avec d’autres types de clientèles, comme la DPJ, tu as la maison, la famille, mais le travail est à part », a-t-elle constaté.

Durant la COVID

Mme Carle a pu faire un nombre limité d’interventions d’urgence en personne pendant le confinement, ne procédant que par téléphone. Munie d’une visière, elle rencontre maintenant des gens depuis quelques semaines.

Mme Carle compte aussi aller faire des visites de courtoisie dans les rangs prochainement.


 Pour toutes les coordonnées des travailleuses de rang, visitez la section santé psychologique du site internet de l’UPA.