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Le feu dans la maison de notre voisin

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Photo AFP Des opposants de Donald Trump ont manifesté samedi alors que le président se rendait à son club de golf de Sterling en Virginie.

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Il ne faut pas se référer aux sondages relatifs aux présidentielles américaines. Les électeurs américains nous ont rappelé dans un passé récent qu’on ne peut se fier à eux dans cet exercice. Ma lecture est que Donald Trump perdra ou gagnera par une petite marge l’élection de novembre. 

Les États-Unis sont notre centre de gravité économique. Aussi, que Donald Trump perde ou gagne avec une courte majorité, il y a lieu d’anticiper le fait qu’il y aura le feu dans la maison de notre grand voisin : ruptures, désaccords, conflits brutaux et violents, etc. 

Nous en serons tous économiquement, et conséquemment, politiquement et socialement affectés.

La table était mise depuis l’échec de la tentative de destitution du président Trump initiée par les démocrates dans l’affaire portant sur la collusion avec la Russie. Le président a jubilé. Sa fidèle base aussi. De plus, l’économie, son cheval de bataille pour l’élection de novembre, se portait bien. Il galopait vers la victoire...

Les tensions se multiplient

Des événements récents sont cependant venus mettre du sable dans l’engrenage de son galop. Sa mauvaise gestion fédérale de la pandémie de la COVID-19. Des milliers de victimes. Une économie en berne et une augmentation exponentielle du chômage. Un déconfinement calamiteux, etc.

Autre événement inattendu, l’assassinat de George Floyd et l’incapacité du président à être à la hauteur du soulèvement populaire qui s’est ensuivi. La résurgence des Black Panthers, qui s’engagent désormais à appliquer la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent) face aux suprémacistes et au Ku Klux Klan.

Les frustrations et tensions se multiplient. Les perspectives d’une victoire facile face à Joe Biden s’estompent. Les signes annonciateurs d’une guerre intérieure croassent. 

Deux culs-de-sac en perspective

S’il gagne avec une légère majorité, ce sont ses pourfendeurs de gauche et d’extrême gauche dans toutes leurs déclinaisons qui prendront la rue. Ils trouveront les suprémacistes, supporters indéfectibles du président, et toute la ribambelle de groupuscules d’extrême droite sur leur chemin.

S’il perd avec une légère majorité, il n’abdiquera pas. Des recomptages seront nécessaires. Ce faisant, les suprémacistes dans toutes leurs déclinaisons ainsi que les Boogaloo Bois (nébuleuse hybride de « patriotes » proarmes à feu) prendront la rue. Ils ne manqueront pas de trouver les antifas et d’autres groupuscules déclinés à gauche et à l’extrême gauche sur leur chemin.

Une situation à ne pas minimiser

Nous ne pouvons que nous inquiéter de cette situation déplorable en elle-même ; car son impact nous serait très préjudiciable sur le plan économique et politique. Partager les frontières avec une puissante et riche nation a certes ses avantages, mais aussi un risque de dérives potentielles au plan social. 

Heureusement, ces tendances tribales, exacerbées par un président-roi, n’ont pas de prise ici, hormis chez nos groupuscules extrémistes, à gauche comme à droite. Du point de vue de l’histoire et de la culture, les États-Unis ne sont ni le Canada ni le Québec.