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Le Musée des beaux-arts de Montréal déjà à la recherche d’un remplaçant de Nathalie Bondil

Le Musée des beaux-arts de Montréal déjà à la recherche d’un remplaçant de Nathalie Bondil
Photo d'archives, Agence QMI

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MONTRÉAL – Après une semaine houleuse suivant le congédiement de la directrice du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), Nathalie Bondil, le conseil d’administration de l’établissement a entamé le processus pour la remplacer, même si le gouvernement attend encore des réponses sur «la conduite des affaires» au Musée. 

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Voulant «tourner la page et regarder vers l’avenir», le conseil d’administration du MBAM a déclaré par communiqué lundi que «le processus de recrutement pour trouver la personne qui reprendra la direction du Musée au cours des prochaines années est maintenant enclenché».

«Il faut dès maintenant aller de l'avant», a précisé le CA.

Néanmoins, le CA a voulu «remettre certaines pendules à l'heure» concernant le renvoi de Nathalie Bondil.

«En prenant une telle décision, le conseil d'administration était pleinement conscient du tollé que cela allait susciter, a-t-il affirmé. Les succès remportés par le Musée depuis son entrée en poste et le positionnement plus qu'enviable de l'institution sur l'échiquier mondial des grands musées sont en grande partie liés à l'énorme talent de Mme Bondil. C'est indéniable et le conseil le reconnaît d'emblée.»

«Toutefois, le conseil ne pouvait faire abstraction des constats du rapport préparé par une firme indépendante spécialisée en gestion des ressources humaines qu'il avait mandatée.»

Le conseil continue en disant que, «par son déni de plusieurs conclusions du rapport, son inflexibilité et son refus d'implanter adéquatement certaines de ses recommandations, Mme Bondil n'a guère laissé le choix au conseil d'administration malgré ses nombreuses tentatives d'en arriver à une solution».

Le conseil mentionne en outre que la décision du gouvernement de procéder à un examen de la conduite des affaires au Musée «permettra à tous de prendre un peu de recul face au dérapage hautement émotif vécu depuis une semaine».

Différend

Le 13 juillet, par communiqué, le CA du MBAM avait annoncé qu’il mettait fin au contrat de sa directrice générale et conservatrice en chef, Nathalie Bondil, pour des raisons de climat de travail jugé «toxique» à la suite de plaintes d’employés relayées par le syndicat, une situation confirmée par une firme externe.

Le lendemain, Mme Bondil rétorquait que son congédiement masque une autre raison, soit sa position face à l’embauche d’une personne qu’elle juge trop «junior» pour prendre en charge une nouvelle «Direction de la conservation». Mme Bondil cumulait les fonctions de directrice générale et de conservatrice en chef depuis 13 ans; la création d’une Direction de la conservation et la nomination d’une personne pour la gérer devaient lui permettre de se libérer pour ses autres tâches.

Selon l’ex-patronne, le processus ayant mené à la nomination à ce nouveau poste de Mary-Dailey Desmarais – membre de l’influente famille Desmarais –, une conservatrice qui était déjà à l’emploi de l’établissement, a été truffé d’irrégularités. Elle déplore entre autres que le comité de sélection ait été composé uniquement de membres du CA, que la direction en ait été exclue et que le tout ait été fait à huis clos.

Mme Bondil a indiqué que sa relation avec le CA, notamment avec son président, Michel de la Chenelière, a commencé à se dégrader lorsqu’elle a fait part de ses réticences face à cette nomination, arguant aussi qu’une meilleure candidate était en lice. Après son congédiement, elle a vertement critiqué la gestion de M. de la Chenelière, affirmant qu’il confondait les rôles de président et DG.

Mme Bondil n’a pas été la seule à critiquer M. de la Chenelière. Ce dernier a entre autres été interpellé par l’ex-ministre Monique Jérôme-Forget, l’actuelle présidente du CA du Musée McCord Stewart, qui estime que le conseil du MBAM a outrepassé son rôle et empiété sur les responsabilités de la direction dans ce dossier.

L’ampleur de la controverse a amené la ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy, à annoncer jeudi dernier «qu'elle mandatera une firme indépendante pour examiner l'encadrement et la supervision de la conduite des affaires du Musée des beaux-arts de Montréal par l'équipe de direction et le conseil d'administration». Il faut savoir que le gouvernement accorde plusieurs millions de dollars par année à ce musée.