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Les petits actionnaires de Nemaska perdront gros

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L’heure de vérité a sonné pour les actionnaires actuels de Nemaska Lithium, laquelle s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

J’espère me tromper, mais j’ai l’impression que ça augure plutôt mal pour eux.

Voici pourquoi.

Dans le cadre de la restructuration de la compagnie minière, c’est d’ici le 31 juillet prochain que la Cour supérieure dévoilera le nom de l’heureux soumissionnaire qui mettra finalement le grappin sur Nemaska Lithium et ses actifs.

Nemaska est propriétaire de la mine Whabouchi au Québec, un des gisements de spodumène les plus riches au monde en volume et en teneur.

Les entreprises intéressées avaient jusqu’au 10 juillet dernier pour déposer une offre sur Nemaska, dont le concentré de spodumène produit à la mine Whabouchi sera par la suite traité à son usine de Shawinigan « au moyen d’un procédé unique d’électrolyse » qui lui permettra de produire et commercialiser de l’hydroxyde de lithium de haute pureté.

On parle ici d’un marché prometteur, alors que les sels de lithium sont principalement destinés au marché en forte croissance des batteries au lithium-ion.

MALHEUREUSEMENT

À la suite de la restructuration en cours, les actionnaires actuels de Nemaska Lithium risquent fort de se retrouver Gros-Jean comme devant. C’est-à-dire de se retrouver avec des actions sans grande valeur.  

À eux seuls, les 25 000 petits actionnaires détiennent environ 500 millions d'actions, soit 59 % des actions qui étaient en circulation avant que le titre ne soit retiré de la cote de la Bourse de Toronto. En passant, sachez que le principal actionnaire de Nemaska, c’est nous-mêmes, par l’entremise d’Investissement Québec. IQ détient quelque 109 millions d’actions de la compagnie minière.

Le titre de Nemaska Lithium a été radié de la Bourse de Toronto au début de février dernier, après avoir été suspendu à compter du 23 décembre précédent. Il se négociait cette journée-là à 16,5 cents, pour une valeur boursière d’à peine 140 millions $.

À 16,5 cents l’action, c’était déjà en soi une méchante débarque par rapport à janvier 2018, où l’action de Nemaska avait réussi à toucher un sommet de 2,44 $. Un effondrement boursier de 93 %. 

APRÈS RESTRUCTURATION

Nemaska Lithium, une fois restructurée, pourrait toujours demander une réinscription à la Bourse de Toronto.

Mais que vaudront les « actions actuellement radiées » dans une nouvelle cuvée d’actions émises en Bourse ? Au lendemain d’une restructuration en vertu de la loi sur les arrangements avec les créanciers, le retour en Bourse ne se fait généralement pas à l’avantage des anciens actionnaires.

MAIS...

Dans le cas de Nemaska Lithium, la compagnie détient des actifs solides et le niveau d’endettement de l’entreprise n’était quand même pas catastrophique.

On parle ici d’une dette garantie de 150 millions de dollars. Par contre, les dettes non garanties, elles, varieraient de 200 à 400 millions de dollars.

À maintes reprises, le regroupement des petits actionnaires de Nemaska a demandé au ministre de l’Économie et responsable d’Investissement Québec, Pierre Fitzgibbon, d’intervenir en leur faveur.

L’a-t-il fait ? Réponse bientôt.