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Les dénonciations sur Facebook se retrouvent en cour

Les dénonciations sur Facebook se retrouvent en cour
Photo Archives, Reuters

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Une demande d’action collective contre Facebook a été déposée au palais de justice de Montréal mardi, à la suite des nombreuses dénonciations en matière d’agressions et d’inconduites sexuelles qui ont fait les manchettes dans les dernières semaines. Le plaignant, identifié par les initiales C.D., s’en prend au géant du web Facebook ainsi qu’à une de ses propriétés, Instagram.  

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Des pages hébergées par ces deux plateformes ont publié récemment des listes d’individus dénoncés anonymement pour des gestes présumés de nature sexuelle. Le nom de C.D. figure sur l’une d’entre elles.

« C.D. est une personne physique dont la réputation et la dignité ont été atteintes à la suite de l’inclusion de son nom et de son prénom dans une publication diffamatoire et préjudiciable publiée sur la page “Dis son nom” », peut-on lire dans le document judiciaire. Le plaignant et ses avocats reprochent entre autres la publication de listes de noms d’individus qui auraient commis des gestes sexuellement inappropriés sans qu’il y ait de contexte ou autre explication. 

Pas contre les victimes

Dans un communiqué, le cabinet d’avocats CALEX, qui pilote la demande, précise que « cette démarche ne vise pas à condamner les victimes d’agressions sexuelles et les dénonciations qui sont faites dans le cadre des dispositions actuelles de la loi . Le but est plutôt de faire trancher par le tribunal le rôle de Facebook et sa responsabilité dans la diffusion à grande échelle de contenu « illicite » qui « cause préjudice à des tiers» . 

«C’est une des meilleures façons pour faire valoir ses droits [l’action collective]. C’est plus simple d’attaquer Facebook pour lui demander de fermer les pages que de tenter de trouver (les gens) qui se trouvent derrière elles pour leur envoyer une mise en demeure pour atteinte à la réputation », explique l’avocat et chroniqueur judiciaire François-David Bernier.

Vedettes éclaboussées

Depuis le début du mois de juillet, une vague de dénonciations de comportements sexuels déplacés et d’agressions sexuelles présumées déferle sur les réseaux sociaux. Souvent anonymes, les publications visent des gens de différents milieux : du monde du tatouage à celui des affaires, en passant par le domaine politique et la colonie artistique. Certains, comme les auteurs-compositeurs-interprètes Kevin Parent et Yann Perreau, ont présenté des excuses sur internet et ont avoué leurs torts.

D’autres, comme le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, ainsi que le chanteur et animateur Dan Bigras, ont réfuté les allégations tout en invitant celles qui soutiennent anonymement avoir été victimes d’aller porter plainte à la police.

Les administrateurs de la page Facebook « Dis son nom », qui est citée dans la requête en raison de sa « liste des abuseuses et abuseurs potentiels », n’ont pas répondu à notre demande d’entrevue.