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Des galettes Beyond Meat entièrement faites au Québec

L’entreprise californienne a tout récemment inauguré une nouvelle usine à Laval

Beyond Meat Beyond Meat
Photo courtoisie, Beyond Meat Pour le fondateur et grand patron de Beyond Meat, Ethan Brown, il était important de confectionner ses produits au Québec.

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Un peu plus d’un an après son arrivée dans les rayons d’épicerie et les chaînes de restauration québécoises, le substitut de viande Beyond Meat franchit un pas de plus au Québec avec la mise en service d’une usine, à Laval.

En activité depuis quelques semaines, ces installations sont le fruit d’un partenariat avec un producteur alimentaire québécois que Beyond Meat refuse pour l’instant de nommer.

C’est là que Beyond Meat fabrique la plus récente version de ses galettes Beyond Burger, offertes dans les marchés d’alimentation à l’échelle du pays, a expliqué au Journal le fondateur et grand patron de l’entreprise, l’Américain Ethan Brown. 

« Ce n’est pas très compliqué, on crée la protéine dérivée de pois, de riz et de haricots au cœur de Beyond Burger, et les arômes. Notre partenaire fait le reste du travail de fabrication. À vrai dire, le processus de préparation est assez semblable à la préparation d’une galette de bœuf ; c’est fabriqué avec de l’équipement conventionnel, ça ressemble à une usine d’empaquetage de viande », explique M. Brown, qui connaît bien le Québec et la métropole, puisque son père est professeur en environnement à l’Université McGill.

La production locale rapproche l’usine de l’assiette, ce qui réduit considérablement les émissions de gaz à effet de serre.
Photo courtoisie, Beyond Meat
La production locale rapproche l’usine de l’assiette, ce qui réduit considérablement les émissions de gaz à effet de serre.

Important marché

En produisant ses Beyond Burger localement, Beyond Meat juge être en mesure de mieux servir le marché canadien, tout en réduisant l’empreinte environnementale de l’entreprise, dit M. Brown.

Le Canada et le Québec représentent des marchés d’importance pour Beyond. 

« En matière de consommation alimentaire, le Québec est très progressif, le Canada aussi. Aux États-Unis, 93 % des gens qui achètent nos produits sont “flexibles”, ils ne rejettent pas la viande entièrement. Il y a beaucoup de ça au Canada et au Québec aussi. »

L’aventure Beyond n’a toutefois pas connu que des succès. 

Après une période d’essai de quelques mois, Tim Hortons a choisi de retirer ses produits de son menu, l’automne dernier. 

Une boulette pas si santé

Et les critiques de la compagnie font valoir que même si elle est végétale, la boulette de Beyond Meat n’est pas pour autant santé. 

Une étude de l’Université Harvard datant de 2019 a même révélé qu’une galette Beyond Meat contient pratiquement autant de calories, de gras et de gras saturé qu’une boulette de bœuf. 

La teneur en sodium est également élevée. Là où Beyond Meat présente un avantage, c’est au niveau des fibres, des vitamines et des minéraux. 

L’entreprise souligne que sa recette la plus récente, confectionnée à Laval, contiendrait 35 % moins de lipides saturés qu’un burger au bœuf traditionnel. Et elle ne contient pas de cholestérol, d’antibiotiques ou d’hormones.

Beyond Meat en bref  

  • Créé à Los Angeles en 2009 par Ethan Brown   
  • Mis en marché aux États-Unis en 2012 et au Canada en 2019 
  • Produit des substituts de viande à base de protéines végétales qui ont le même goût, la même apparence et la même texture que la viande. 
  • Offert dans 94 000 points de vente au détail et de restauration dans 75 pays à travers le monde.  

Créé pour l’amour des vaches... et des burgers 

Beyond Meat existe depuis 2009 et se retrouve dans l’assiette des Québécois depuis 2019. D’où vous est venue cette idée ?

J’ai grandi à Washington, mais ma famille a toujours eu une ferme et les animaux me fascinaient. Une fois à l’université, je me suis intéressé au climat, et en début de carrière, j’ai œuvré pour des entreprises qui cherchaient à produire de l’énergie tout en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre. Je voyais tous ces gens qui cherchaient à remplacer l’énergie fossile par quelque chose de renouvelable et propre. Ça m’a donné une idée.

Vous avez tenté d’appliquer la même recette à l’alimentaire ?

Oui ! Je me demandais si, en se concentrant sur (les énergies fossiles), on n’oubliait pas quelque chose. Puis j’ai pensé aux animaux. L’animal consomme énormément d’eau et de végétaux. Et produit beaucoup de GES. Avec Beyond Meat, on « saute » l’étape animale, en quelque sorte. On prend les protéines, les minéraux, l’eau, et on crée quelque chose de mieux pour la Terre, pour le corps humain et aussi, bien sûr, pour l’animal. 

Les gens sont-ils prêts à faire cette transition ?

Ce qui est intéressant, c’est que notre produit n’intéresse pas que les végétariens ou les végétaliens. Aux États-Unis, 93 % de nos consommateurs sont des « flexibles » ; ils ne rejettent pas complètement la viande, mais cherchent à intégrer davantage de protéines végétales dans leur vie. Sans sacrifier le goût ou l’apport nutritif.