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Des ouvriers agricoles étrangers infectés à leur arrivée au Québec

Pas moins de 70 cas ont été répertoriés un peu partout sur le territoire québécois

Guatémalteques
Photo Martin Alarie Plus de 9708 travailleurs étrangers temporaires, dont environ 5600 Guatémaltèques, se trouvent présentement au Québec.

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«Grave», «tragique», «hors de contrôle»... FERME met en garde contre les «risques sérieux» de recourir aux travailleurs étrangers dans un courriel explosif envoyé aux agriculteurs, dont Le Journal a obtenu copie.

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«Compte tenu de la récente dégradation de la situation au Mexique et au Guatemala, la venue de travailleurs vous expose à des risques sérieux et supplémentaires en matière de santé, qu’il s’agisse de la vôtre, de celle de vos proches ou de vos employés actuels, et même celle de votre entreprise (risques pour le maintien de la production)», lit-on dans un courriel du 9 juillet signé par la directrice générale adjointe de la Fondation des Entreprises en Recrutement de Main-d’œuvre agricole Étrangère (FERME), Natalie Pouliot.

Ces derniers jours, plus de 70 travailleurs étrangers ont été déclarés positifs et il est de plus en plus difficile de savoir si les travailleurs qui débarquent ici sont infectés ou non.

«Les cas de COVID-19 ont gagné les cohortes de travailleurs. Dans les derniers vols, des travailleurs sont arrivés ici infectés. Les employeurs concernés ont été avisés. À l’aéroport du Guatemala, au cours des derniers jours, des travailleurs ont été détectés porteurs du virus», souligne Natalie Pouliot de FERME dans son message titré «HAUTE IMPORTANCE» en grosses lettres. 

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard à QUB Radio:  

Face à l’ampleur de la crise «tragique et hors de contrôle» dans ces pays, FERME, qui a fourni cette main-d’œuvre étrangère à nos fermiers, conseille maintenant aux cultivateurs d’«élaborer des plans alternatifs afin de combler leurs besoins de main-d’œuvre».

«Soyez prudents»

À l’Union des producteurs agricoles (UPA), on refuse de dire s’il vaut mieux arrêter d’accueillir ces travailleurs, en renvoyant la balle aux autorités sanitaires du pays.

«Je ne peux pas dire aux producteurs de fermer le robinet parce que ce n’est pas sous mon autorité. Ce n’est pas moi qui peux décider ça. Je leur dis : “Soyez prudents, appliquez strictement les règles édictées”», a insisté au Journal son président général, Marcel Groleau.

  • Écoutez l'entrevue avec Marcel Groleau, président général de l'Union des producteurs agricoles, à QUB:

Selon lui, la situation était «sous contrôle» en avril et en mai, mais elle s’est dégradée depuis parce que le Mexique et le Guatemala ont connu une flambée de cas en raison de mesures de confinement insuffisantes dans ces pays.

«La situation a été échappée. Ç’a des répercussions sur nos entreprises», a reconnu le grand patron du syndicat agricole, Marcel Groleau.

Chez Agro Québec, on n’était pas prêt non plus hier à leur fermer la porte si vite. «Il faut tester, tester, tester. Ils ne sont pas plus dangereux que nous. Il faut les protéger eux-mêmes d’abord», a conclu son PDG, André Michaud.

CAS CONFIRMÉS AU 21 JUILLET      

  • Montérégie: 26  
  • Saguenay–Lac-Saint-Jean: 21  
  • Chaudière-Appalaches: 15  
  • Estrie: 5  
  • Capitale-Nationale: 2   

TOTAL: 69

* Les régions de la Côte-Nord et de Lanaudière ont chacune moins de cinq cas confirmés, mais on ignore leur nombre exact.

Source : ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec