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Il se noie pour un bateau téléguidé

Il n’aura fallu que quelques minutes pour que l’homme sombre dans la rivière

Marcel Fleury,
Photo courtoisie Marcel Fleury était un amateur de pêche, une passion qu’il a transmise à ses enfants.

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Il faut à tout prix éviter de prendre des risques quand on est sur l’eau, prévient la veuve de Marcel Fleury. Son mari est décédé la semaine dernière en tentant de récupérer à la nage son bateau téléguidé qui dérivait sur la rivière Richelieu.

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« Marcel, c’était un enfant dans l’âme, se remémore sa femme Martine Gélinas, avec qui il a partagé sa vie pendant 30 ans. Il aimait tellement jouer. Il vivait à 100 milles à l’heure. »

Depuis le début de l’été, les noyades se multiplient dans les eaux du Québec.

Et le drame de la famille Fleury-Gélinas est malheureusement venu gonfler le bilan de ces tragédies, le 13 juillet dernier.

Vers 19 h, Marcel Fleury, 50 ans, s’est rendu sur les berges de la rivière Richelieu, à quelques kilomètres de son domicile de Saint-Roch-de-Richelieu, en Montérégie.

« Il avait acheté un bateau téléguidé dans l’après-midi, relate Mme Gélinas. Il voulait absolument l’essayer avant le souper. À 19 h 23, il m’a appelé pour me dire qu’il allait s’acheter de nouvelles batteries au dépanneur pour son bateau. Celles qu’il avait ne fonctionnaient plus. »

L’engin téléguidé s’était immobilisé à une douzaine de mètres du rivage.

Crise cardiaque

« Mon conjoint a sauté à l’eau pour aller chercher son bateau, poursuit-elle. Avec l’effort pour revenir à contre-courant, il a fait une attaque cardiaque. Il a perdu connaissance et il s’est noyé en quelques minutes. »

En entendant ses cris de détresse, un pêcheur installé sur la berge a immédiatement sauté à l’eau pour lui porter secours. 

« C’est un ange gardien, confie Mme Gélinas. Je lui en serai reconnaissante toute ma vie. »

Le décès de M. Fleury a toutefois été constaté au centre hospitalier quelques heures plus tard.

« Mon fils s’en va bientôt à la pêche avec la chaloupe de son père. Si j’apprends qu’il n’a pas porté de gilet de sauvetage, je fais brûler la chaloupe dans la cour chez nous », lance Mme Gélinas, qui souhaiterait « oublier et effacer » l’été 2020.

Été tragique

Trois autres membres de sa famille éloignée ont aussi péri dans les eaux, le 20 juin dernier.

Édith Gélinas, 32 ans, son conjoint, Alexandre Gauthier, 34 ans, et leur fils de 4 ans, Mavrick, sont décédés dans un accident de motomarine sur la rivière Nicolet, au Centre-du-Québec.

« On devait partir vendredi pour un mois de vacances, mais à la place, je vais enterrer mon Marcel, lâche Mme Gélinas, remplie d’émotion. Il me manque un gros morceau. »

Atteinte de sclérose en plaques depuis 22 ans, elle surnomme son défunt mari son « garde du corps ».

Le camionneur rentrait tous les soirs à la maison pour s’occuper de sa femme.

« Il ne pouvait pas s’éloigner de ses proches », résume-t-elle.

Quelques jours avant le drame, M. Fleury a pu rencontrer sa petite-fille, Angélique, née le 8 juillet.

« Il a eu le temps de la voir, de la prendre dans ses bras, se console la veuve. Angélique, c’est mon petit ange. »