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L’instinct autoritaire d’un président en fin de route

L’instinct autoritaire d’un président en fin de route
AFP

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Alors que les sondages défavorables au président Trump s’accumulent, son penchant autoritaire et ses réflexes antidémocratiques s’affirment.

L’autoritarisme de Donald Trump et l’inquiétude que suscite son mandat pour la santé des institutions démocratiques aux États-Unis n’ont rien de nouveau.

L’actualité récente nous en fournit de nouveaux exemples qui devraient normalement déclencher l’alarme, mais cette présidence n’a pas grand-chose de normal.

Des troupes paramilitaires

À Portland, en Oregon, des agents fédéraux en habits militaires se sont récemment improvisés policiers pour casser les manifestations contre les injustices raciales.

Ces agents sont mandatés pour protéger les édifices fédéraux, mais leurs actions sont allées beaucoup plus loin et on rapporte de nombreux exemples de manifestants pacifiques brutalisés par des agents non identifiés ou arraisonnés sans mandat dans des véhicules non officiels.

Ces employés fédéraux n’ont aucun droit d’agir de la sorte, mais le président a promis de multiplier ce genre d’interventions dans des « villes démocrates » qu’il blâme d’avoir perdu le contrôle des manifestations.

Par-dessus le marché, les ordres du département de la Sécurité intérieure viennent d’un secrétaire par intérim dont le mandat devrait normalement être échu.

Une tendance

Ce n’est pas le seul exemple de comportement autoritaire de la part de ce président dans l’actualité récente.

Tout aussi inquiétante est la mobilisation du département de la Justice pour mener une vendetta contre les responsables de l’enquête sur les liens entre sa campagne de 2016 et des agents russes.

Non seulement Trump a utilisé son pouvoir de pardon pour récompenser son ami Roger Stone d’avoir menti pour le protéger contre des accusations criminelles, mais il semble déterminé à punir ceux qui cherchaient à faire la lumière sur ces accusations.

Le réflexe autoritaire de Trump était palpable dans son entrevue à Fox News dimanche dernier, quand il se disait prêt à chambouler les lois dans plusieurs domaines en vertu de pouvoirs qu’il proclame avoir, même si personne ne les a eus dans le passé.

Avantage politique ?

Il n’est pas clair que ces manifestations d’autoritarisme aideront le président dans sa quête de réélection.

Il semble plutôt que Donald Trump cherche à compenser la faiblesse de sa campagne de réélection en déployant la puissance de la présidence et en testant les limites de ses pouvoirs.

Ça impressionnera peut-être les trumpistes inconditionnels, mais ça n’aidera pas Trump à récupérer les électeurs qui l’ont abandonné.

Par exemple, alors qu’une des raisons principales de la dégringolade de Trump dans les sondages est la perte massive d’appuis féminins, ses actions à Portland ont incité des milliers de femmes à former un « mur de mères » (Wall of Moms) face aux agents fédéraux, qui ont riposté en les aspergeant illégalement de gaz lacrymogènes.

Cet instinct autoritaire ne sera probablement pas suffisant pour permettre à Trump d’éviter la défaite en novembre, mais le problème est qu’il le mènera aussi probablement à contester par tous les moyens tout résultat électoral qui lui serait défavorable. Ça promet.