/news/politics
Navigation

WE Charity: les appels à la démission du ministre Morneau se poursuivent

Coup d'oeil sur cet article

Conservateurs et bloquistes ont exigé la démission du ministre des Finances Bill Morneau, jeudi, dans la foulée des révélations sur ses frais de voyage de 41 000$ épongés par WE Charity, l’organisation au cœur d’une affaire d’apparence de conflit d’intérêts.

• À lire aussi: Morneau doit partir

• À lire aussi: Bill Morneau s’est fait offrir deux voyages par WE Charity

• À lire aussi: Les conservateurs réclament la démission de Morneau, appuyés par le Bloc

De concert avec le Nouveau Parti démocratique (NPD), les troupes d'Andrew Scheer ont, en plus, demandé au commissaire à l’éthique et aux conflits d’intérêts, Mario Dion, d’élargir la portée de son examen de l’affaire WE Charity pour aussi s’attarder à ce nouvel élément explosif de la controverse.

«M. Morneau avoue avoir accepté 41 000$, mais il essaie de nous faire croire qu’il n’a pas remarqué l’absence de facture», a lancé en conférence de presse le porte-parole conservateur en matière de Finances, Pierre Poilievre, faisant valoir que le narratif du ministre ne tient pas la route à ses yeux.

Celui-ci s’explique mal comment M. Morneau n’aurait pas remarqué que des frais de voyage à hauteur de 41 366$ n’aient pas été payés de sa poche, mais plutôt par l’organisme pour lequel travaille sa fille, en plus qu'il soit proche des Trudeau. 

  • Écoutez la chronique de François Lambert, à QUB Radio:   

«Si une famille restait à l’hôtel et recevait 41$ en services de chambre pour un repas et une bière, le lendemain, elle remarquerait si la charge n’était pas sur la facture. 41$ seraient remarquables pour une famille normale», a insisté M. Poilievre.

En témoignant au comité des finances, qui se penche sur l’affaire WE Charity, le ministre a indiqué, mercredi, qu’il avait remboursé pareille somme le jour même, juste avant de livrer sa version des faits dans cette affaire. Il a fait valoir que le fait que les coûts aient été assumés par l’organisation, pour des frais associés à deux voyages de lui et de sa famille, n’avait rien d’intentionnel.

Il s’est tout de même excusé et a reconnu qu’il aurait dû s’assurer qu’il payait la totalité des coûts associés à ces passages au Kenya et en Équateur.

Le néo-démocrate Charlie Angus a, de son côté, envoyé une lettre au commissaire à l’éthique pour lui demander d’ouvrir une deuxième enquête sur M. Morneau en raison des révélations au comité des finances. Le chien de garde du Parlement, Mario Dion, a déjà accepté de mener une première enquête sur le ministre en raison des liens familiaux qu’il a, indirectement, avec WE Charity.

Durant une séance du comité de l’éthique, jeudi en fin de journée, les bloquistes ont proposé une motion demandant la démission immédiate de M. Morneau, mais celle-ci n’a pas eu les appuis nécessaires pour passer.

Dans les rangs libéraux, la ministre du Développement économique, Mélanie Joly, et le ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, se sont portés à la défense de leur collègue dans l’embarras. En marge d’une annonce à Montréal, ils ont souligné que celui-ci s’est excusé de ne pas s’être récusé des discussions du conseil des ministres sur WE Charity et de ne pas avoir suivi suffisamment à la trace la facturation de ses frais de voyage.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.