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COVID-19: au moins une trentaine de commerces auraient fermé leurs portes

GEN-COVID-19
Joël Lemay / Agence QMI

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MONTRÉAL – Au moins une trentaine de commerces montréalais auraient fermé leurs portes au cours des dernières semaines en raison de la pandémie de COVID-19. 

• À lire aussi: Premier bilan des fermetures de commerces liées à la COVID-19 à Montréal

TVA Nouvelles a obtenu un premier portrait des fermetures de commerces, qui se multiplient sur le territoire de la métropole.

Mais l’impact devrait réellement se faire sentir à la fin de l’été, plus précisément en septembre, prédisent avec inquiétude et appréhension des associations de commerçants.

Une dizaine de sociétés de développement commercial (SDC) ont été consultées. Ces dernières recensent en moyenne de deux à quatre fermetures par artère commerciale depuis la mi-mars, lesquelles s’ajoutent aux locaux qui étaient déjà vacants. C’est donc dire, de façon préliminaire, qu’une trentaine de fermetures de commerces ont déjà eu lieu à Montréal, une situation principalement attribuable à la pandémie.

«Plusieurs commerces sont dans une situation difficile présentement. L’achalandage habituel sur les artères commerciales n’est pas au rendez-vous. En plus d’une baisse importante des ventes et du chiffre d’affaires, les commerçants sont confrontés à de nouvelles dépenses (achat de produits sanitaires, masques, désinfectant, sécurité, etc.) qui visent à protéger leur personnel ainsi que la clientèle», a expliqué Billy Walsh, président de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal. 

  • Écoutez l'entrevue avec Gopinath Jeyabalaratnam, analyste principal des politiques à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, à QUB radio:  

«Nous assistons à un changement important de comportement du consommateur en lien avec la crise de la COVID-19. Il y a évidemment une rationalisation des dépenses et le transfert d’une part importante des achats sur le web», a-t-il ajouté.

«Conséquence de ces changements de comportement, la relance ne semble pas profiter à tous. Les commerces de besoins essentiels réussissent à s’en tirer. Les autres commerces non essentiels comme les restaurants et les boutiques éprouvent plus de difficultés. Si des commerces situés sur des artères locales réussissent à limiter les dégâts, il en va autrement pour les artères de destination et les autres habituées d’attirer des travailleurs et des professionnels», a dit Billy Walsh, qui affirme qu’une baisse du chiffre d’affaires de 30% à 40% est présentement la norme.

Il rappelle que plusieurs commerçants sont toujours en activité grâce à la Subvention salariale d’urgence du Canada, un programme mis en place par le gouvernement Trudeau.

«Ainsi, l’automne pourrait s’avérer catastrophique pour plusieurs artères commerciales et cœurs de quartiers montréalais», a conclu M. Walsh.

Un entrepreneur sur 10 au Québec envisage de faire faillite

À l’échelle du Québec, la situation n’est guère plus rose, et les faillites pourraient se multiplier, selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

«En fin de compte, nous pourrons juger de l'intensité des conséquences de la pandémie et de l'efficacité des mesures d'aide gouvernementales pour y répondre en fonction du taux de survie des entreprises au Québec. Selon les données que nous avons en main actuellement, près d'un entrepreneur québécois sur dix envisage de faire faillite. C'est énorme et très inquiétant. Évidemment, c'est un scénario catastrophe et personne ne veut se rendre jusque-là. C'est pourquoi la FCEI travaille sur une analyse plus détaillée pour l'ensemble de l'économie québécoise et canadienne que nous publierons sous peu», a dit de son côté Gopinath Jeyabalaratnam, analyste principal des politiques à la FCEI.

Avenir sombre, selon un syndic en insolvabilité

Chantal Gingras, présidente de Ginsberg Gingras, un syndic en insolvabilité, indique pour sa part que les gens d’affaires qui contactent son bureau «ont déjà jeté la serviette».

«Ils constatent malheureusement que leur relance est vouée à l'échec. Ils ont de gros problèmes à redémarrer leur entreprise. Il faut rappeler qu’ils continuaient à payer leur loyer sans faire de ventes. Les subventions et l’aide gouvernementale donnent un coup de pouce, mais certaines compagnies n’arrivent pas à recruter d’étudiants qui reçoivent la PCU [Prestation canadienne d'urgence]. Je vous confirme que nous recevons énormément d’appels de commerçants qui regardent des scénarios pessimistes», a-t-elle détaillé.

- Avec les informations d’Yves Poirier, TVA Nouvelles