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Le milieu littéraire est pourri

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C’est un secret de Polichinelle : le milieu littéraire est rempli d’hommes aux mains longues et baladeuses qui n’hésitent pas à se servir de leur statut d’éditeur, de distributeur, de libraire ou d’écrivain pour abuser sexuellement ou psychologiquement des femmes de ce milieu. Et c’est comme ça depuis longtemps.

La loi du silence

Certaines maisons d’édition publient année après année les livres d’auteurs soupçonnés d’agressions sexuelles, de harcèlement et d’intimidation, parfois sur des personnes mineures.

Je ne nommerai personne, mais sachez que les femmes se parlent entre elles et savent de qui il faut se tenir loin dans les lancements et par qui il faut impérativement refuser d’être raccompagnées à la fin de la soirée.

Cette dynamique abusive est tellement présente qu’on en est même venu à normaliser et à banaliser certains gestes. Le mythe du poète maudit à qui l’on pardonne tout à cause de son prétendu génie a la couenne dure.

Si vous pensiez que l’affaire Gabriel Matzneff est un drame bien français, détrompez-vous. Des histoires semblables, il y en a ici, et vous pouvez même vous en délecter dans certains classiques québécois. C’est chic, n’est-ce pas ?

Stupeur et tremblements

Mais pourquoi personne n’en parle ? Bien que les langues commencent à se délier dans notre beau milieu littéraire, il n’en demeure pas moins que les victimes vivent perpétuellement avec la peur d’être bannies si jamais elles exposent au grand jour les abus dont elles font l’objet.

Comme dans toutes les sphères, ceux qui détiennent le vrai pouvoir sont peu nombreux. Les froisser, c’est risquer de ne pas être publiée ou de n’avoir aucune exposure médiatique. Mais c’est assez d’avoir peur. C’est vous, écrivains, profs, libraires, et éditeurs, qui taponnez et harcelez les femmes gravitant autour de vous depuis des années, qui devriez trembler.

C’est le temps de sacrer un coup de hache dans les colonnes du temple.