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Le très coûteux trou de mémoire de Bill Morneau

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Bill Morneau doit tirer sa révérence et ainsi quitter son prestigieux poste de ministre des Finances du gouvernement de Justin Trudeau.

Pour être crédible, un ministre des Finances ne peut pas se permettre d’avoir des trous de mémoire, surtout lorsqu’ils portent sur des affaires qui le touchent personnellement.

De tels « oublis » ont pour effet de générer des soupçons de conflit d’intérêts. Et lorsqu’on est ministre des Finances, il faut être au-dessus de tout soupçon, cela fait partie intégrante de la job.

En acceptant de voyager sur le bras du controversé organisme de bienfaisance WE Charity (Mouvement UNIS), Bill Morneau s’est carrément mis les pieds dans les plats de bonbons.

LA GOUTTE...

Et c’est la goutte qui fait déborder le vase des nombreux bénéfices du doute dont il jouissait jusqu’à présent.

J’appuie par conséquent mon collègue Antoine Robitaille : « Bill Morneau doit démissionner. Il est décidément trop distrait. »

Pensez-y deux petites minutes. Bill Morneau, le prospère homme d’affaires devenu ministre des Finances, ne s’est pas rendu compte qu’en 2017, il avait voyagé aux frais de WE Charity, l’organisme à qui le gouvernement Trudeau avait récemment octroyé (sans appel d’offres) l’administration d’un programme gouvernemental de plus de 900 millions de dollars de bourses. Et où ni lui ni Justin Trudeau n’avaient cru bon de se retirer des discussions touchant l’octroi dudit contrat.

Et par surcroît un organisme (WE Charity) pour lequel la fille de Bill Morneau travaille et duquel la mère et le frère de Justin Trudeau ont reçu des honoraires à titre de conférenciers.

MUR DE LA HONTE

Acculé au pied du mur de la honte ministérielle, le ministre Morneau a récemment remboursé le coût du voyage (quelque 41 000 $), tout en s’excusant « pour l’erreur » commise !

La cerise sur le sundae de l’excuse : « Je ne crois pas que j’étais en conflit d’intérêts », a-t-il affirmé du haut de son statut de ministre des Finances du Canada.

PRÉCÉDEMMENT...

En 2017, le ministre Morneau s’était fait reprocher d’avoir attendu trop longtemps après son élection (en octobre 2015) pour placer dans une fiducie sans droit de regard les dizaines de millions de dollars d’actifs qu’il possédait.

Autre trou de mémoire mémorable : il avait omis de déclarer une luxueuse villa en France qu’il possédait par l’entremise d’une de ses compagnies.

L’opposition avait par ailleurs reproché à Bill Morneau d’avoir vendu 680 000 actions de Morneau Shepell (l’entreprise fondée par son père qu’il présidait avant son entrée en politique) une semaine avant de déposer en chambre un avis de motion visant à réduire le taux d’imposition du revenu des particuliers de 22 % à 20,5 %, laquelle baisse allait être financée par un nouveau taux maximal d’imposition de 33 % sur les revenus de plus de 200 000 $.

Voyager sur le bras d’un organisme à qui le gouvernement octroie sans appel d’offres un lucratif contrat gouvernemental, et ce, sans avoir la décence de se retirer des discussions, ce n’est pas digne de son poste de ministre des Finances.

J’invite le ministre Morneau à quitter son poste et à s’inscrire à des cours d’éthique et de bonne gouvernance.