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Une piquerie d’Hochelaga exaspère les voisins

La situation est invivable pour les résidents qui craignent pour leur sécurité

Crackhouse
Photo Pierre-Paul Poulin L’immeuble situé sur la rue Sainte-Catherine Est, à Montréal, accueille fréquemment des consommateurs de stupéfiants. Il est en piteux état tant à l’extérieur, avec des fenêtres et des portes manquantes, qu’à l’intérieur où les murs sont délabrés.

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Trafic de drogue, prostitution, agressions : les usagers d’une piquerie de la rue Sainte-Catherine Est font vivre l’enfer à des résidents du quartier montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

« C’est la folie, c’est violent, c’est inquiétant. Ça fait cinq mois que c’est invivable, on n’en dort plus », déplore François (prénom fictif), un voisin de l’immeuble situé au 3157, rue Sainte-Catherine Est qui a préféré taire son nom par peur de représailles.

Chaque jour, sa conjointe et lui sont témoins de bagarres entre junkies, qui peuvent se terminer à l’arme blanche.

Les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont d’ailleurs souvent appelés à intervenir.

Le 13 juillet, Marc-André Labelle, un autre voisin installé depuis environ un an en face du 3157, a eu à y intervenir après avoir entendu les cris de détresse d’une femme. Après avoir appelé les secours, il s’est rendu sur place.

« J’ai vu une dizaine de personnes sortir de l’immeuble en courant. J’y suis allé avec mon batte de baseball pour voir si la femme que j’entendais était correcte », explique-t-il en revoyant les images troublantes qu’il a captées avec son téléphone.

La femme a été transportée en ambulance à l’hôpital, mais on ne sait pas ce qu’il est advenu d’elle.

Crackhouse
Photo courtoisie

Impossible de dormir

François et ses voisins assistent aussi aux très nombreux va-et-vient de consommateurs de drogues durant la journée, et retrouvent chaque jour des préservatifs utilisés et des seringues.

Entre les « badtrips » et les hurlements des usagers, ils sont réveillés en pleine nuit presque quotidiennement.

« Nos enfants ont peur de sortir de la voiture, de l’appartement. Moi je perds la tête parce que je ne me sens pas en sécurité », déplore le père de famille.

Exaspéré par la situation, M. Labelle contacte quant à lui la police « jusqu’à six ou sept fois » par jour.

Craignant pour sa sécurité et celle de ses voisins, ce dernier a installé des caméras après son emménagement.

Sur des images consultées par Le Journal, on peut voir au moins une attaque à l’arme blanche et des actes de vandalisme sur des véhicules stationnés dans la rue. 

Malgré de nombreuses plaintes et visites des policiers, rien ne semble changer.

Le SPVM soutient être « au courant de la problématique ».

« Il y a des démarches en cours avec la Ville, le propriétaire ainsi que le Service de sécurité incendie de Montréal », a spécifié un porte-parole, par courriel.

Déménager

Si la situation ne s’améliore pas rapidement, François et sa famille pensent quitter l’appartement qu’ils louent.

De son côté, M. Labelle réfléchit aussi à vendre son condo pour déménager.

Le cabinet du maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve n’a pas répondu aux demandes d’entrevues.

L’immeuble est détenu par une compagnie à numéro dont le seul actionnaire est Paul Nassar, président des magasins Hart. Celui-ci n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.