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WE Charity: vers une campagne électorale en septembre?

WE Charity: vers une campagne électorale en septembre?
Photo d'archives, Agence QMI

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OTTAWA | Le Bloc québécois envisage de déposer une motion qui pourrait avoir pour effet de déclencher des élections fédérales à l'automne, a-t-il signalé vendredi dans la foulée de l’affaire WE Charity.

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«Les Québécois peuvent ne pas vouloir une élection à court terme, mais nous comprenons qu’ils veulent encore moins un autre scandale partisan et libéral qui nuit gravement à la lutte à la COVID-19», a lancé le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, par voie de communiqué.

Le Bloc et le Parti conservateur du Canada (PCC) demandent tous deux au ministre des Finances, Bill Morneau, et au premier ministre Justin Trudeau de démissionner, face aux récentes révélations dans l’affaire d’apparence de conflits d’intérêts qui éclabousse les libéraux depuis des semaines.

«Si messieurs Trudeau et Morneau devaient ne pas obtempérer, le Bloc québécois consultera les Québécois dans la perspective du dépôt d’une motion de censure à l’encontre du gouvernement, dès le retour en Chambre en septembre 2020», préviennent les bloquistes.

Une motion de censure revient à demander aux élus fédéraux s’ils accordent leur confiance au gouvernement en place et, si elle est adoptée, elle enjoint la gouverneure générale de prévoir des élections.

Si les bloquistes se disent prêts à sortir l’artillerie lourde dans l’optique où le ministre des Finances et le premier ministre ne céderaient pas leur place, il reste à voir comment les Québécois répondraient à une éventuelle consultation sur la tenue d’élections.

Une porte-parole du parti a précisé que le résultat d’un tel exercice serait conditionnel à une tentative de faire tomber le gouvernement de Justin Trudeau.

«De plus, le Bloc québécois demande au Directeur général des élections du Canada de considérer des mesures de distanciation sociale en vue d’une élection générale qui pourrait être déclenchée avant qu’une solution médicale ne dispose de la maladie, et au président de la Chambre des communes de prendre des dispositions en vue d’un vote de l’ensemble des 338 élus au parlement fédéral dès la rentrée du 21 septembre, voire auparavant», ajoute-t-on, en outre, par communiqué.

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«Le Bloc doit expliquer aux Québécois pourquoi il pense qu’une pandémie, c’est le bon moment pour faire de la partisanerie et déclencher une campagne électorale», a indiqué le bureau du leader du gouvernement, Pablo Rodriguez.

Scheer réclame la démission de Trudeau

Depuis Regina, en Saskatchewan, le chef conservateur intérimaire Andrew Scheer n’a pas été aussi loin que le Bloc. Il a demandé la démission de M. Trudeau, en plus de celle, déjà réclamée, de M. Morneau, mais il a écarté du même souffle l’idée d’élections à court terme.

Quoi qu’il en soit, il reviendra au prochain chef du PCC de statuer sur la possibilité de faire tomber le gouvernement à la reprise des travaux parlementaires de l’automne, fixée au 21 septembre.

Dans les rangs libéraux, la ministre de la Santé, Patty Hajdu, a dit avoir toujours confiance en son collègue Bill Morneau, mais elle a aussi reconnu qu’il pourrait faire face à des conséquences.

«Le commissaire à l’éthique fera lui-même le travail nécessaire pour déterminer quelles prochaines étapes doivent être prises», a-t-elle dit en point de presse à Ottawa.

Elle a dit être «ouverte» à tout changement qui faciliterait la détection de conflits d’intérêts possibles ou réels, soutenant qu’il n’est parfois pas évident de tracer la ligne soi-même.