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À Price de montrer du « chien »

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Photo d'archives Carey Price doit jouer toutes ses cartes, dont celle de l’intimidation.

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Les Penguins de Pittsburgh ne sont pas contents d’affronter le Canadien, et encore moins Carey Price, qui est déjà dans leur tête. Raison de plus pour le gardien du Tricolore de jouer toutes ses cartes, dont celle de l’intimidation, et montrer du « chien » à la Patrick Roy.

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Soyons honnêtes. Malgré quelques bonnes performances, Price a rarement fait la différence en séries, et à l’aube de ses 33 ans, il est temps pour lui de voler une série ou deux. C’est le moment de vérité. Lui demander d’emmener le Canadien à la Coupe Stanley n’est pas réaliste, mais surprendre les Penguins, c’est possible, et c’est ce que je veux voir. Allez Carey !

La formule 3 de 5 représente toute une opportunité pour les négligés, et davantage dans le contexte actuel où le Canadien est une équipe rescapée qui ne devait pas participer aux séries. La cerise sur le gâteau, c’est qu’il n’y a plus l’avantage de la patinoire ni celui de la foule locale. Rien pour faire plaisir aux Penguins.

Pour une fois, j’aimerais voir Price afficher un peu d’arrogance et un très haut niveau de détermination. Je veux le sentir en mission et imbattable. Il doit dominer à l’entraînement et dans le match préparatoire du 28 juillet contre les Maple Leafs de Toronto.

Si ses performances reflètent son immense talent et qu’en plus il se permet une ou deux déclarations intimidantes, il sera encore plus présent dans la tête des joueurs des Penguins, le 1er août.

Compte tenu de son calme olympien, il n’a pas besoin d’une déclaration à tout casser pour passer un message. Juste de dire, par exemple, qu’il a hâte d’affronter les Penguins avec un petit sourire en coin peut faire le travail.

Les Penguins frustrés

Les Penguins sont frustrés de devoir se requalifier pour les séries, et si jamais Price volait le premier match, ils seraient encore plus déstabilisés. Affronter Price au sommet de sa forme serait encore plus dur sur leur moral. Travailler comme des acharnés pour acquérir un droit déjà acquis n’a rien d’agréable.

C’est pourquoi chaque jour à l’entraînement est si important. À Price de faire passer le message qu’il est au sommet de sa forme et qu’il sera dur à battre.

C’est vrai qu’il ne nous a pas habitués à ça lors des camps d’entraînement traditionnels. Souvent, il ne trouve son rythme qu’en novembre, mais n’oublions pas qu’il a bien performé lors de la Coupe du monde de 2016 à Toronto, menant le Canada à la médaille d’or.

Il s’agit d’une chance en or pour Price. Son dernier match en séries remonte au printemps 2017 contre les Rangers de New York, et qui sait si le Canadien participera aux séries en 2021 ou en 2022. C’est maintenant que ça se passe pour Price.

De plus, je crois que ses chances de bien performer sont bonnes dans les conditions actuelles puisqu’elles favorisent davantage les talents naturels comme lui. Price s’adapte à tout et il s’accommodera à vivre dans une ville bulle.

Réputation et intimidation

Malgré ses deux coupes Stanley, le gardien Matt Murray n’a toujours pas une grande réputation et il a eu à se battre pour son poste au cours des deux dernières saisons contre Casey DeSmith, puis Tristan Jarry. Jarry a été le meilleur gardien des deux cette saison, mais n’a pas un match d’expérience en séries.

Les deux ont des choses à prouver et pourraient aussi être intimidés face à un Carey Price dominant.

Les Sidney Crosby et Kristopher Letang ont côtoyé Price avec les équipes nationales canadiennes et ils savent de quoi il est capable. Ça ne leur plaît pas, mais Crosby est un grand leader et il va s’assurer que chacun de ses coéquipiers est prêt.

Et tant qu’à affronter Crosby, aussi bien que ce soit en août. Cela dit, il faut tout de même s’attendre à une domination des Penguins. À Price de les neutraliser !

-Propos recueillis par Gilles Moffet 

Entrefilets 

Primeau plutôt que Lindgren

Dans mon esprit, il n’y a aucun doute que Cayden Primeau doit être le second de Carey Price plutôt que Charlie Lindgren. Si jamais le Canadien tirait de l’arrière 2-0 dans la série, j’enverrais Primeau devant le filet pour le troisième match et pour le faire profiter d’une expérience extraordinaire. De plus, l’organisation réparerait ainsi l’erreur commise à son endroit durant la saison régulière. Primeau avait reçu la première étoile au Centre Bell le 11 décembre contre les Sénateurs d’Ottawa. Le lendemain, il était injustement rétrogradé au Rocket de Laval. Ça m’avait renversé.

Drouin doit se lever

Tout le monde dans le camp du Canadien a quelque chose à prouver, dont Jonathan Drouin. Il avait connu tout un début de saison avant d’être blessé à la mi-novembre, mais il a été moins flamboyant à son retour au jeu en février. Un joueur au talent naturel comme lui devrait s’imposer dans un tournoi estival. À lui de prouver qu’il fait véritablement partie de l’élite. J’ai hâte de le voir à l’œuvre.

La coupe aux Blues

Je favorise les Blues de St. Louis pour répéter leur exploit de 2019 et gagner la Coupe Stanley. Ils ont de la profondeur et je suis un grand fan de leur gardien, Jordan Binnington. Il a ce petit brin d’arrogance que j’aime bien. À mon avis, les Hurricanes de la Caroline vont surprendre bien du monde. La chimie est bonne, ils roulent à quatre trios et ils ont deux gardiens capables de faire du bon boulot en James Reimer et Petr Mrazek.

Formule intéressante

J’espère qu’on ne reverra plus jamais de séries éliminatoires en août, mais la situation est unique. J’aime bien toutefois la formule incluant 24 équipes dans l’après-saison et j’aimerais que ça reste ainsi, quitte à enlever quelques matchs à la saison régulière. Ça ajoute du piquant et ça va permettre à quelques équipes d’engranger des revenus additionnels. Par ailleurs, Gary Bettman a bien servi les propriétaires avec la prolongation de la convention collective.