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La pandémie a forcé les entreprises d’ici à s’adapter

Des milliers d’entrepreneurs ont finalement pris leur virage numérique

École des entrepreneurs du Québec
Photo courtoisie Avec son épouse Sandrine, Olivier Duplessy a lancé des produits de pâtisserie congelés offerts sur leur site web et livrés à pied, à Rimouski.

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Ils accusaient un énorme retard face à leurs collègues d’ailleurs au pays, et la COVID-19 ne leur a pas laissé le choix. Des milliers d’entrepreneurs québécois ont enfin effectué une fois pour toutes leur virage numérique en raison de la pandémie, ou grâce à elle.

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« Au niveau des technologies, c’est bien connu que le Québec avait beaucoup de retard à rattraper », explique Michel Fortin, le directeur général de l’École des entrepreneurs du Québec (ÉEQ).

« Et là, avec la COVID-19, les entrepreneurs n’ont pas vraiment eu d’autre choix que de changer leur modèle d’affaires et de se propulser en ligne. »

Face au confinement, plusieurs d’entre eux ont eu à faire face à un dilemme difficile : se transformer ou disparaître, résume M. Fortin, dont l’école est venue en aide à des centaines d’entreprises au cours des derniers mois.

Pourtant, les consommateurs québécois avaient depuis longtemps modifié leurs habitudes de consommation, révèlent deux études du Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO).

En 2019, les achats en ligne par les adultes québécois étaient ainsi évalués à 12,45 milliards de dollars, une hausse de 19 % par rapport à 2018. La valeur moyenne mensuelle du panier d’achats en ligne s’élevait à 318 $ en 2019, une hausse de 9 %.  

Habitudes d’achat

Quelque 28 % des répondants ont également soutenu avoir changé leurs habitudes d’achat depuis le début de la crise de la COVID-19, et 60 % de ces adultes ont l’intention de « faire davantage des achats en ligne pour des produits de consommation courante » à cause du coronavirus.

Comme plusieurs, Sandrine et Olivier Duplessy, propriétaires des Pâtisseries et Gourmandises d’Olivier, à Rimouski, se sont retrouvés sans clients ni chiffre d’affaires du jour au lendemain, au début de la pandémie. 

Le commerce populaire auprès des résidents locaux et des touristes a donc fait ce qu’elle n’avait jamais pensé faire en ouvrant une boutique internet.

« On a créé une boutique en ligne en quatre jours à peine et on s’est mis à commercialiser de nouveaux produits, c’est-à-dire une gamme de produits congelés à cuire à domicile, comme des croissants ou des chocolatines. Et à notre grande surprise, ça a marché incroyablement bien. Tellement qu’on a rentabilisé cet investissement en moins de 48 h », explique Mme Duplessy.

Les produits étaient même livrés à pied à Rimouski, une pratique respectueuse de l’environnement, ajoute-t-elle. 

Nombreux retards

À Montréal aussi, la pandémie a forcé son lot de transformations. Propriétaire du service de livraison à vélo La Roue libre, Cédric Chaperon a vu son chiffre d’affaires exploser grâce aux nombreux retards subis par Postes Canada.

Cédric Chaperon de La Roue libre a quant à lui profité des importants retards de Postes Canada pour étendre ses services de livraison à vélo à une bonne partie de Montréal.
Photo courtoisie
Cédric Chaperon de La Roue libre a quant à lui profité des importants retards de Postes Canada pour étendre ses services de livraison à vélo à une bonne partie de Montréal.

« Avant, on travaillait surtout avec le secteur de l’alimentaire, donc du jour au lendemain, on a perdu 80 % de notre chiffre d’affaires, dit-il. On s’est donc mis à livrer chez des particuliers. Plusieurs petits commerces n’avaient même pas de magasin en ligne. Donc de ce côté, l’impact a été majeur », se réjouit-il. Son entreprise offre désormais, de concert avec deux autres services semblables, la livraison à vélo des quartiers Verdun à Saint-Michel, et du nord au sud de l’île.