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Le droit à l’information bafoué par la LNH

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Photo d’archives Les journalistes des médias traditionnels auront un accès très limité aux joueurs de la LNH durant les séries éliminatoires.

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En cette époque où les nouvelles circulent à la vitesse de la lumière, l’information est plus que jamais contrôlée. Dans le monde du sport, les ligues et leurs équipes ont leurs sites de nouvelles sur le web. Tout est traité le plus positivement possible. Aucune dissonance. Que des histoires merveilleuses pour leurs partisans qui boivent leurs paroles.

Pendant ce temps, les médias indépendants, les vrais, ceux qui n’ont pas de relations commerciales avec ces organisations, sont assujettis depuis plusieurs années à des règles qui compliquent leur travail. 

L’accès aux joueurs est limité et compté.

Il est loin le temps où le regretté Claude Mouton nous disait en nous ouvrant la porte du vestiaire du Canadien : « Entrez messieurs, le buffet est ouvert. Servez-vous ! »

Et on sautait dedans à deux mains.

Dans le bon vieux temps

Patrick Roy, Guy Carbonneau, Larry Robinson ou Vincent Damphousse étaient toujours là pour nous donner des histoires intéressantes. 

Jean Perron, Pat Burns, Jacques Demers, Mario Tremblay, et même Jacques Lemaire à l’occasion, ne se gênaient pas pour livrer le fond de leur pensée.

Vous, les lecteurs, étiez bien servis. Vous en redemandiez. Les lecteurs appelaient au Journal pendant l’été pour savoir quand la couverture du hockey reprendrait.

Deux poids, deux mesures 

Ce qui nous amène au tournoi de la Coupe Stanley qui se mettra en branle la semaine prochaine. Comme toutes les autres ligues ayant repris leurs activités, la LNH a adopté des mesures préventives contre la transmission de la COVID-19.

C’est tout à fait normal.

Mais les règles ne seront pas égales pour tout le monde. Les personnes travaillant pour les sites de la ligue et des équipes auront préséance sur les journalistes des quotidiens, des stations de radio et de télévision.

À Toronto comme à Edmonton, nous n’aurons pas accès aux séances d’entraînement des équipes, incluant celles du Canadien auxquelles les médias montréalais ont pu assister, à raison d’un journaliste par boîte, ces deux dernières semaines, à Brossard.

Les gens travaillant pour les sites y seront admis, par contre, tout comme ils seront autorisés à circuler dans ce qu’on appelle la bulle. C’est là que se trouveront les meilleures histoires dans ce qui sera un événement exceptionnel.

Les journalistes ne seront admis qu’à assister aux matchs des équipes de leur ville. Et ce, à partir des gradins. La distanciation ne se veut pourtant pas un problème dans un amphithéâtre de 19 000 sièges sans spectateurs.

Après les rencontres, ils pourront questionner les joueurs et les entraîneurs par visioconférence. Comme cela s’est fait pour toutes les équipes depuis le début de la relance.

Tout sera aseptisé

Les rapporteurs du site de la LNH seront au nombre de trois pour chacune des deux villes sanctuaires. La ligue a demandé que les 24 équipes participantes incluent dans leur délégation une personne du service des réseaux sociaux.

Tous les reportages, nouvelles, images télévisées ou photos qui proviendront des coulisses seront soumis à l’approbation de la ligue ou des équipes.

Ça signifie que ce ne sera pas de la vraie information. Il n’y aura aucune transparence. Ce sera aseptisé à l’extrême.

Un méchant œil au beurre noir pour le droit à l’information !

Compromis rejeté

Pourtant, l’Association des chroniqueurs de hockey professionnel (PHWA) a négocié de bonne foi avec la LNH. Au départ, elle a accepté qu’un seul représentant par média soit accrédité pour le tournoi. 

Lorsqu’elle a été informée des privilèges accordés aux trois représentants du service d’information de la LNH, elle a proposé que trois journalistes puissent bénéficier des mêmes droits.

La réponse a été un non catégorique.

Or, si les tests de dépistage du nouveau coronavirus montrent que ces gens ne sont pas infectés, il y a sûrement des journalistes qui ne le seront pas non plus.

Or, la NBA, qui reprendra ses activités au même moment, admettra la présence d’un nombre de journalistes limité dans les zones confinées.

Ça montre qu’il y a toujours moyen de bien faire les choses, même dans des circonstances difficiles.