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«L’Héritage du Kami»: le Japon par-delà les clichés

Valérie Harvey
Photo courtoisie, Martine Doyon La sociologue et auteure, Valérie Harvey.

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Amoureuse du Japon, où elle a vécu un an et demi, et de la culture japonaise, la sociologue et romancière québécoise Valérie Harvey propose cette année un troisième roman campé dans un Japon imaginaire, L’Héritage du Kami. Les lecteurs fascinés par le pays du Soleil levant retrouvent les personnages de la famille Kagi, héritiers de la magie du feu, et suivent leur destin dramatique, de l’Hokkaido au Nankaido.

L’univers d’abord présenté dans Les Fleurs du Nord et dans L’Ombre du Shinobi, les deux romans précédents de Valérie Harvey, s’agrandit en présentant de nouveaux personnages. Grâce à ses descriptions colorées et vivantes, on se retrouve dans un Japon imaginaire, inspiré d’un peuple nordique de l’époque médiévale. Dépaysement assuré !

Tatsumi et son frère jumeau, Mikio, les enfants d’une des héroïnes des Fleurs du Nord, ont hérité de pouvoirs imprévus et leurs aventures risquent de bouleverser l’avenir de l’île dans laquelle ils vivent. 

Ce roman exotique, immergé dans l’art et les traditions du Japon, montre à quel point le destin des personnages peut être influencé par les jeux et les caprices du dieu Inari, le kami, ou dieu de l’imprévisible. 

<strong><em>L’héritage du Kami</em><br>Valérie Harvey</strong><br>Éditions Québec Amérique<br>416 pages.
Photo courtoisie
L’héritage du Kami
Valérie Harvey

Éditions Québec Amérique
416 pages.

Valeurs et désirs

Valérie Harvey aborde des thématiques modernes dans un cadre qui mêle à la fois l’historique et le fantastique : les menaces, les mensonges de ceux qui détiennent le pouvoir, la difficulté de s’intégrer, les désirs qui s’opposent aux valeurs imposées par une société patriarcale. 

Elle est passionnée par le Japon, par sa langue, qu’elle enseigne, par sa culture. Elle a beaucoup écrit sur le sujet, mais concède que c’est dans ses trois romans, et ce dernier en particulier, qu’elle aime le plus travailler. « Cet univers m’a pris beaucoup de temps à le créer. Pour L’Héritage du Kami, j’ai lu plein de choses au sujet de l’histoire japonaise et ça m’a inspirée beaucoup », commente-t-elle en entrevue.

Elle s’est d’ailleurs lancée dans l’écriture romanesque parce qu’elle était « tannée de lire des mangas qui racontaient toujours la même chose », ajoute-t-elle. « Je ne trouvais jamais de rôles de filles qui étaient plaisants. Il y avait une diversité de modèles masculins assez variés – la force peut être représentée de différentes façons. »

« Mais quand il y a des filles, c’est toujours deux choix : soit l’histoire de la fille super féminine, soit l’histoire de la fille vraiment forte... mais qui n’est donc pas bonne pour faire la cuisine, s’occuper des enfants et n’aura jamais vraiment d’amoureux. De gros clichés qui m’énervent beaucoup. » Elle voulait représenter un monde d’aventure, où il pouvait aussi y avoir des sentiments. 

Le kami Inari

Dans L’Héritage du Kami, le kami Inari est vraiment son personnage préféré. « Même pour moi, il était imprévisible ! C’est l’fun de créer un personnage qui n’est ni bon ni mauvais : il fait juste ce qu’il veut ! J’aime quand il y a des nuances, quand les personnages ne sont pas sans failles. C’est ce qui m’a amusée dans ce roman. »


  • Valérie Harvey est sociologue, romancière et recherchiste pour différentes émissions d’ICI Radio-Canada. 
  • Elle a publié deux autres romans inspirés du Japon, Les Fleurs du Nord et L’Ombre de Shinobi, ainsi que des livres pour enfants. 
  • Elle enseigne le japonais à l’école de langues du collège Saint-Charles-Garnier.