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Plus de 700 plaintes liées à la PCU au Centre antifraude

Près de 2 millions de Québécois ont reçu la Prestation canadienne d’urgence

Vol d’identité
Photo d’archives, Ben Pelosse La PCU est accessible aux travailleurs qui vivent au pays, qui ont plus de 15 ans et ont cessé de travailler en raison de la COVID-19.

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Plus de 713 plaintes liées à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ont été reçues au Centre antifraude du Canada en trois mois, ce qui est la pointe de l’iceberg, selon des experts.

« Tant que les gens n’auront pas fait leur rapport d’impôt, ils ne sauront pas s’ils ont été fraudés avec la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Ceux qui ont déposé les plaintes sont les gens alertes, les autres vont le savoir en voyant leur T4 à la fin de l’année », a analysé Paul Laurier, président de la firme de sécurité Vigiteck.

Hier, le Centre antifraude du Canada a indiqué avoir reçu 713 « rapports de fraude d’identité » liés à la PCU entre le 6 mars et le 30 juin dernier seulement. 

À l’Agence de revenu du Canada (ARC), plus de 11 300 renseignements du public sur des demandes possiblement frauduleuses liées à la PCU, la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE) ou la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) ont été reçus au 17 juillet.

« La pointe de l’iceberg »

« C’est la pointe de l’iceberg. C’est largement sous-estimé. On s’attend à un raz de marée de fraudes liées. D’ailleurs, ça a déjà commencé », a observé le PDG de StreamScan, Karim Ganame.

Ces derniers jours, l’analyste est inondé de personnes inquiètes qui se sont fait prendre avec des courriels ou des textos frauduleux, relativement à de fausses demandes d’aide gouvernementale.

« Avec les cas récents de vols de données de Desjardins ou de Capital One, ça fait exploser les risques de se faire frauder parce que les informations personnelles circulent déjà », a ajouté Karim Ganame.

En juin, Le Journal rapportait l’histoire du Montréalais Gilles Blain, dont l’adresse a été utilisée par des fraudeurs pour obtenir des codes d’accès pour avoir la PCU, un cas qui serait loin d’être isolé, selon des analystes.

Fraudes internes

Mais pour Paul Laurier, ex-enquêteur à la Sûreté du Québec (SQ), formé par le Federal Bureau of Investigation (FBI), les cas de fraudes risquent aussi de « venir de l’intérieur du système ».

« Il y a des gens qui vont aller dire : “Je n’ai pas eu ma PCU”, alors qu’ils l’ont bel et bien mis dans leur compte de banque. Ils vont la redemander plusieurs fois, sans que l’on sache qu’ils ont fraudé le système », a-t-il prévenu.

À l’inverse, Laurent Desaulniers, directeur tests d’intrusion chez GoSecure, est d’avis que les fraudes ne sont qu’une pièce du casse-tête. 

« Oui, il va y avoir des fraudes, mais le coût économique et social de ne pas avoir eu ces types de programmes là aurait été bien pire, selon moi », a conclu M. Desaulniers.

La PCU au Québec  

  • Au Québec, plus de 1,9 million de personnes avaient demandé la Prestation canadienne d’urgence (PCU) au 19 juillet dernier. 
  • Plus de 21,9 % sont de jeunes adultes âgés entre 25 et 34 ans.  
  • Viennent ensuite les 35-44 ans avec 19,5 %, les moins de 25 ans avec 18,1 % (346 750), les 45-54 ans avec 17,2 %, les 55-64 ans avec 17,2 % et les 65 ans et plus avec 5,9 %. 

-Avec la collaboration de Pierre-Olivier Zappa