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Ceux qui restent

Romy Norah Amelie Lemieux
Photo Simon Clark La mère de Norah et Romy Carpentier, Amélie Lemieux.

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Alors que les infanticides semblent devenir douloureusement récurrents ces derniers temps, face à un certain comportement que j’observe, j’en viens à me demander si cette culture d’ultra-violence dans laquelle nous baignons en permanence, et que nous aimons prétendre sans effets ni conséquences, ne nous aurait pas désensibilisés au point de nous faire oublier que le drame des sœurs Carpentier et de la fillette d’Hochelaga ne sont pas des titres de film.

Décence

J’entends bien ce besoin légitime de savoir, lorsque l’horreur frappe. On cherche une façon de comprendre, de rationaliser l’irrationnel, de sorte à apaiser la révolte qu’il engendre en nous. 

C’est un vieux réflexe qui se défend. Cela dit, malgré le chagrin partagé par tous dans ces moments-là, je trouve néanmoins ignoble cette façon qu’ont encore trop de gens d’être ostensiblement assoiffés de détails morbides. 

Cette curiosité malsaine outrepasse et se moque de la réalité voulant qu’il ne s’agisse pas d’acteurs, de scénarios et d’effets spéciaux devant lesquels on s’empiffre de popcorn, mais de véritables gens, comme vous et moi, qui doivent désormais conjuguer avec la pire douleur qui soit. 

La tragédie n’est pas un divertissement explicite et la décence la plus élémentaire nous commande de cesser de saliver dans l’expectative des détails sordides et de ne plus poser sur nos pairs éprouvés un regard voyeur qui en veut toujours plus.

Ceux qui restent

Chaque fois que notre actualité est secouée par une nouvelle catastrophe humaine du genre, je ne peux m’empêcher de me dire que ce n’est jamais qu’un enfant qui meurt. Ce sont des familles entières qui sont brisées par la folie d’un des leurs et qui doivent maintenant continuer à vivre. C’est à eux que je pense aujourd’hui, à ceux qui restent, et au fait que, chaque fois que le Québec perd un de ses enfants, c’est un fragment de notre futur à tous qui disparaît avec lui.