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Oublier Trump? Pas si vite...

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20 janvier 2021. Après une victoire nette en novembre, le 46e président Joe Biden se tient debout devant le juge en chef de la Cour suprême John Roberts, la main posée sur la Bible.

À peine le serment terminé, Biden annonce qu’en février, on débutera une vaste campagne de vaccination contre la COVID-19. Donald Trump part vers Mar-A-Lago, d’où il continuera à vociférer contre l’État profond entre deux rondes de golf.

«Back to normalcy», retour à la normale? Pas si vite. Pour étonnante qu’elle fût, la victoire de Donald Trump en 2016 était non seulement légitime, elle donnait aussi une voix à de très nombreux électeurs insatisfaits des politiciens fédéraux. 

La victoire des oubliés

Inquiets et en colère, des millions d’Américains perçoivent le milliardaire comme le héros qui entraînera des changements profonds. Ils connaissent les travers de l’homme, mais ils misent sur son indépendance et son approche non conformiste pour bousculer l’ordre établi.

Qui sont ces électeurs? Un mélange hétéroclite de citoyens des zones rurales, d’ouvriers, de Blancs secoués par l’évolution démographique rapide du pays ainsi que des réformistes qui hésitaient entre les promesses de Bernie Sanders et celles du candidat républicain.

Si Donald Trump et son équipe ont su exploiter les réseaux sociaux et que l’homme maîtrise l’art de la politique spectacle, le milliardaire l’a emporté parce qu’il a réussi là où Hillary a échoué : écouter, fréquenter et parler à ceux que le système oublie trop souvent.

Je me souviens

On déplore régulièrement le racisme de quelques partisans du président, mais si certaines attitudes sont méprisables et condamnables, elles ne sont pas l’apanage de la majorité des électeurs qui favorisent Donald Trump.

Advenant une victoire démocrate, nous savons déjà que les plus progressistes seront entendus. Cependant, les conditions qui ont permis la victoire de 2016 sont toujours présentes. Chasser Trump est souhaitable, mais «je me souviens» devrait être la devise de Joe Biden.