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Quatre mois plus tard, le hockey est de retour à la télé

Est-ce que les Québécois seront au rendez-vous en plein été pour suivre les séries éliminatoires ?

Félix Séguin et Patrick Lalime
Photo courtoisie Félix Séguin et Patrick Lalime.

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À compter de mardi soir, un nouveau rituel viendra pimenter cet été rendu inédit à cause du coronavirus : s’installer devant la télé pour regarder un match du Canadien.

Le match préparatoire qui opposera le CH aux Maple Leafs de Toronto marquera le coup d’envoi d’un marathon télévisuel qui s’étirera sur deux mois, et une centaine de matchs de séries éliminatoires, jusqu’à ce que soit couronné le vainqueur de la coupe Stanley, quelque part vers la fin septembre ou le début d’octobre.

Les Québécois auront-ils le goût de quitter les chauds rayons de soleil pour regarder du hockey? À TVA Sports, qui détient les droits francophones pour toutes les séries, incluant la ronde de qualifications 3 de 5 durant laquelle le Canadien affrontera les Penguins de Pittsburgh, on est persuadé que oui.

«Les options pour se divertir sont limitées, ça fait quatre mois sans hockey et, en plus, ce ne sont pas des matchs qui ne veulent rien dire. On revient pour des matchs des séries. (...) C’est comme une télé-réalité qui recommence», image le descripteur, Félix Séguin.

«Comme partisan, je pense que j’aimerais ça, pendant mes vacances, partir le barbecue et allumer la TV pour regarder une partie de hockey», ajoute l’analyste Patrick Lalime.

Sans spectateurs

Pour Séguin, Lalime et toute l’équipe de TVA Sports avec qui ils partageront la tâche de décrire l’action, la commande s’annonce de taille. Avec des matchs qui débutent à midi, 16 h et 20 h, les temps d’arrêt seront rares. On parle de plus de dix heures de hockey en direct chaque jour.

Confinés en studio à Montréal, les descripteurs et analystes auront aussi un autre défi : présenter du hockey joué dans des amphithéâtres désertés par les habituelles bruyantes foules des séries.

«Je ne sais pas à quel point la différence sera palpable à la télé. Pour les joueurs, par contre, ouf, je suis convaincu que ce sera un élément à gérer», fait remarquer Lalime, qui a connu la frénésie des séries quand il gardait les buts des Sénateurs d’Ottawa.

Son coéquipier en ondes croit pour sa part que les téléspectateurs n’y verront que du feu.

«Je ne pense pas que ça va changer l’expérience télé parce qu’il va y avoir des appuis techniques. Bien sûr, au départ, ils vont remarquer qu’il n’y a pas de spectateurs, mais ils vont rapidement retrouver l’amour du hockey», analyse Félix Séguin.

Intense préparation

Avant de se rasseoir en studio, séparés par un panneau en plexiglas, Séguin et Lalime doivent aussi se soumettre à une forme de camp d’entraînement. Après quatre mois, c’est l’heure de se remémorer tous les transferts de joueurs et les changements d’entraîneurs qui ont marqué l’actualité de la Ligue nationale de hockey durant les semaines avant la pause forcée.

«Depuis trois semaines, c’est intense. Il faut que je rafraîchisse ma mémoire», indique Félix Séguin.

Idem pour Patrick Lalime, qui se promet d’éplucher tous les articles de journaux des clubs dont il devra analyser les performances.

N’allez pas croire que cette préparation est un fardeau. «On a hâte», lance Patrick Lalime. 

Le CH à la télé  

Match préparatoire  

  • 28 juillet, 19 h : Montréal c. Toronto (TVA Sports et Réseau TVA)    

Ronde de qualifications 3 de 5  

  • 1er août, dès 18 h 45 : Montréal c. Pittsburgh  
  • 3 août, 20 h : Montréal c. Pittsburgh  
  • 5 août, 20 h : Pittsburgh c. Montréal    

La date et l’heure des autres matchs de la série, si nécessaires, seront annoncées ultérieurement. 

S’adapter au coronavirus en six étapes  

N’ajustez pas votre appareil, les diffuseurs du hockey des séries éliminatoires le feront pour vous. Délai de cinq secondes, trame sonore ajoutée, accès limité aux joueurs : télédiffuser un match de hockey en pleine pandémie, dans un amphithéâtre désert, nécessitera plusieurs ajustements et innovations. Pour les fans, l’expérience sera forcément différente. Êtes-vous prêts pour des séries pas comme les autres?

1. EA Sports à la rescousse

Félix Séguin et Patrick Lalime
Photo courtoisie, EA Sports

Pas de spectateurs, pas d’ambiance? Pas tout à fait. Pour pallier l’absence de fans dans les gradins, la LNH est allée cogner à la porte de EA Sports, concepteur du populaire jeu vidéo pour consoles NHL. «Ils ont développé un son ambiant qui va être ajouté à la diffusion et qui sera ajusté à la situation, par exemple quand un but est marqué. Il y aura aussi de la musique durant les arrêts de jeu», indique Louis-Philippe Neveu. Il est notamment question que les «chansons de buts» (les goal songs) de chaque équipe retentissent lorsqu’un joueur secoue les cordages. Ça n’empêchera pas, précise M. Neveu, d’entendre le bruit en provenance de la patinoire. Bien au contraire. «On va mieux entendre les coups de patin, les mises en échec, les joueurs qui vont se parler sur la glace».


2. Deux villes-bulles, deux diffuseurs, une même image

Félix Séguin et Patrick Lalime
Photo tirée de Facebook

Oubliez la frénésie des débuts de matchs de séries au Centre Bell, oubliez la foule en délire quand un joueur de l’équipe locale marque un but gagnant en prolongation. Tous les matchs seront présentés dans les amphithéâtres sans partisans des deux villes-bulles désignées par la Ligue nationale de hockey, Toronto et Edmonton. Une seule chaîne télé aura accès aux bulles, Sportsnet à Edmonton et NBC à Toronto. Les stations régionales, dont TVA Sports pour le marché francophone, seront confinées en studio, à la merci des images fournies par le diffuseur désigné. «Ce sera comme aux Jeux olympiques», soumet le producteur exécutif à TVA Sports, Louis-Philippe Neveu. «Nous serons en mode réactif», ajoute l’analyste Patrick Lalime, qui ne pourra pas lui-même choisir les reprises qu’il souhaite présenter aux téléspectateurs afin d’expliquer une phase de jeu.


3. Des angles inédits

À défaut d’avoir des partisans dans les estrades, il y aura des caméras supplémentaires. L’absence de fans permettra aux diffuseurs d’avoir accès à des sections des amphithéâtres où ils ne peuvent s’installer habituellement, ce qui donnera des angles inédits. Les filets de protection derrière les buts seront notamment enlevés. «Ça va être une belle expérience télévisuelle», soutient Louis-Philippe Neveu.


4. 5 secondes pour gommer les mauvais mots

Félix Séguin et Patrick Lalime
Photo AFP

Parlant de joueurs qui se parlent sur la glace, vous n’êtes pas sans savoir que vos vedettes ne font généralement pas dans la dentelle quand ils s’adressent la parole. Or, sans spectateurs, il sera plus facile d’entendre les insultes lancées par les Max Domi et Brad Marchand. Pour éviter de choquer les oreilles sensibles, une solution simple et déjà utilisée dans d’autres événements, comme le spectacle de la mi-temps du Super Bowl, sera mise en place : l’action nous parviendra avec un délai de cinq secondes. «À Toronto et à Edmonton, il y aura quelqu’un sur place qui pourra couper le son s’il se dit quelque chose d’inapproprié», révèle Louis-Philippe Neveu.


5. Des joueurs moins accessibles

Félix Séguin et Patrick Lalime
Photo d'archives, Joanie Godin

Coronavirus oblige, l’accès aux joueurs sera limité au maximum. Il faudra donc se passer des traditionnelles entrevues près de la patinoire pendant la séance d’échauffement, entre les périodes ou avec l’étoile du match. Tous les diffuseurs devront se contenter de la même entrevue d’avant-match avec un joueur qui répondra aux questions de la production sur place. «C’est une entrevue pour tous les réseaux, that’s it», dit Louis-Philippe Neveu. Après le match, on parle d’organiser des Zoom avec les entraîneurs et des joueurs choisis. À TVA Sports, on assure que la LNH est sensible à désigner des joueurs qui parlent français.


6. Retards à prévoir

Félix Séguin et Patrick Lalime
Photo Adobe Stock

La LNH relance ses activités en présentant trois matchs par jour dans chaque ville-bulle, à midi, 16 h et 20 h. Or, comme nous sommes en séries, il y aura certainement des matchs qui se rendront en surtemps et qui décaleront le début des parties suivantes. Vous serez donc bien avisés d’avoir les résultats des matchs d’après-midi à l’œil, si votre club favori doit jouer dans la case horaire de 20 h. Vous ne voudriez pas que vos ailes de poulet soient froides quand le match prendra son envol.

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