/entertainment/tv
Navigation

Des agressions répétées en ondes

Kariane Bourassa, la dernière d’une longue liste de journalistes agressées

Valerie-Micaela Bain, baiser Osheaga
Photo capture d’écran Valérie-Micaela Bain de Radio-Canada à Montréal en 2017.

Coup d'oeil sur cet article

Kariane Bourassa est loin d’être la première journaliste à subir une agression en ondes. Plus les années passent, plus les exemples s’accumulent.

• À lire aussi: L’intimidation envers des journalistes dénoncée

Dimanche après-midi, deux hommes ont enlacé la reporter de LCN sans son consentement, alors qu’elle couvrait une manifestation anti-masque à Québec. Le visage à découvert, ces individus ont étreint Kariane Bourassa, enfreignant au passage les règles de distanciation physique en pleine pandémie de COVID-19.

Au Québec, cette affaire rappelle celle d’août 2017, lorsqu’un individu s’était approché de Valérie-Micaela Bain pour tenter de l’embrasser durant son intervention en direct du festival Osheaga, à Montréal. Après cet incident, la journaliste de Radio-Canada avait publiquement décrié le comportement de l’homme sur Facebook.

Claire Sergent a subi le même traitement en 2019.
Photo capture d’écran
Claire Sergent a subi le même traitement en 2019.

Baisers non désirés

Ce type d’histoires fait régulièrement la manchette, images en appui. En septembre dernier, aux États-Unis, une reporter pour WAVE TV au Kentucky recevait un baiser non désiré d’un inconnu au beau milieu d’un reportage.

En décembre, un passant servait le même traitement à Claire Sergent, une journaliste française chargée de couvrir la grève des transports à Paris. Trois mois plus tard, une journaliste belge vivait une expérience semblable au cours d’une intervention à Anvers.

Agressions verbales

Plusieurs histoires d’agressions verbales ont également émergé au cours des cinq dernières années, résultat d’un phénomène internet qui encourageait les gens à crier une phrase obscène (« Fuck her right in the pussy ») au micro d’une journaliste pendant qu’elle livrait un topo télé en direct.

Au Canada seulement, les victimes du mouvement abondent. Heather Gillis de NTV à Terre-Neuve, Shauna Hunt de CityNews Toronto, Carolyn Stokes de CBC, Heahter Butts de CTV, Alanna Kelly de Castanet en Colombie-Britannique... Elles ont toutes entendu des hommes leur crier cette injure sexiste alors qu’elles faisaient leur travail. Parfois plus d’une fois.

La journaliste Lara Logan au Caire en 2011.
Photo d'archives
La journaliste Lara Logan au Caire en 2011.

Histoires d’horreur

Les cas d’agressions contre des journalistes féminines prennent parfois des proportions horrifiques. En 2011, Lara Logan du réseau américain CBS a été agressée sexuellement et battue au Caire. Elle couvrait les célébrations entourant la chute du président Hosni Moubarak, et l’impensable s’est produit alors qu’elle était au milieu d’une foule majoritairement composée d’hommes.

Caroline Sinz de France 3 et Sonia Dridi, correspondante en Égypte de France 24 ont traversé une épreuve similaire au même endroit à quelques mois d’intervalle.

Mesures de sécurité ajustées

Dans un communiqué publié lundi, la direction de TVA a déclaré qu’elle « prendra toutes les mesures requises » pour assurer la sécurité des journalistes qu’elle emploie.

En 2017, Radio-Canada avait émis une déclaration semblable après l’agression de Valerie-Micaela Bain. Dans une note envoyée au Journal lundi, le directeur des relations publiques du diffuseur public, Marc Pichette, a indiqué que Radio-Canada s’est dotée d’une politique « d’accompagner les équipes qui couvrent des manifestations susceptibles de débordements violents d’un spécialiste en sécurité ».

Le diffuseur affirme qu’il demande à ses employés d’être vigilants et d’être situés « légèrement en marge des manifestations ». « Nous allons occasionnellement ajouter du personnel pour assurer une surveillance accrue », ajoute M. Pichette.