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Le Québec d’aujourd’hui?

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«Regardez, c’est ça le Québec d’aujourd’hui! Des soumis, peureux! Regardez-les, cette gagne de soumis à un gouvernement corrompu!»

Je vous épargne la véritable teneur des propos, rien d’édifiant.

Disons qu’il s’agissait des paroles d’un sage prenant plaisir à provoquer ses congénères qui faisaient calmement la file avant d’entrer à la SAQ.

Ce que devrait être le Québec d’aujourd’hui, ce sont ces gens que l’on voit manifester contre le port du masque et gueuler comme des putois?

Ces enragés qui insultent les journalistes? 

Ces messieurs et dames qui profèrent des théories acquises à l’université de Wikipédia, prétendant tout savoir sur le coronavirus? Le tout en hurlant que la pandémie est terminée ou qu’elle n’a jamais existé? 

Ces grands esprits criant que François Legault et Horacio Arruda sont des marionnettes à la solde d’un complot mondial? 

Tout ça largement alimenté d’insultes toutes plus vulgaires les unes que les autres.

Pour ma part, je préfère celui des soumis qui se la ferme et fait la file, un masque sur le visage, avant d’entrer dans un commerce.

Je préfère ce Québec-là, celui qui sait vivre, qui se conduit correctement en société. Ce Québec où les gens ont le sens du civisme, agissent comme des gens responsables et font preuve d’un minimum de savoir-vivre.

Le coronavirus a fait des ravages sur le «savoir-vivre». 

Un phénomène observé récemment dans certaines régions du Québec où le douchebag de service a démontré l’éventail de sa muflerie. On a vu des gens débarquer comme des ostrogoths sans respect pour l’environnement, piétinant tout sur leur passage et allant même jusqu’à s’installer sur des propriétés privées. 

La Gaspésie, Charlevoix et autres joyaux du Québec viennent de subir une invasion barbare.

Cette même vague de hargne et de rage déferle également sur les routes, dans les endroits publics, mais aussi sur les réseaux sociaux.

C’est fou ce qu’on se permet de dire comme insanités, dès que quelqu’un émet une opinion contraire à la nôtre.

On se défoule sur les personnalités publiques que l’on insulte vertement et que l’on va même jusqu’à menacer. 

Ce Québec-là dégage un parfum nauséabond.

Il est plus que temps de remettre au programme scolaire les cours de civisme et de bienséance.

Élémentaire, mon cher Watson: si on veut que le Québec de demain ressemble à un monde civilisé, il est urgent de lui réapprendre les bonnes manières.