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Opération retardée à cause de la pandémie: elle aura des séquelles à vie

Opération retardée à cause de la pandémie: elle aura des séquelles à vie
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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Même si elle n'a jamais été atteinte de la COVID-19, une femme de la Rive-Nord de Montréal se considère comme une victime de la pandémie: comme le délai d’attente pour son opération s’est allongé à cause de la crise, elle risque d'avoir des douleurs aux jambes jusqu'à la fin de ses jours.

• À lire aussi: Manifestation à Montréal: «La COVID, c’est toute de la bu****t!»

Veronica Olmedo a été diagnostiquée en juin avec le syndrome de la queue de cheval, un trouble qui débute dans le bas du dos et qui peut avoir des conséquences excessivement graves sur tout le système nerveux si on n’opère pas d’urgence.

Son médecin de famille lui avait dit que le bloc opératoire du CHUM allait l’appeler d’ici les 10 prochains jours, mais les choses se sont passées autrement.

«Après deux résonances magnétiques, on m’a dit que j’avais le syndrome de la queue de cheval aux alentours du 5 juin. J’aurais donc dû être opérée avant le 15, mais le 25 juin, je ne l’étais toujours pas», a raconté la préposée aux bénéficiaires, qui est en arrêt de travail depuis le début du printemps.

Pendant ce laps de temps, les symptômes se sont lourdement aggravés. Mme Olmedo s’est mise à souffrir de décharges électriques dans les jambes et avait énormément de difficulté à se déplacer.

Sous les conseils de son médecin généraliste, décontenancé par cette attente interminable, Veronica Olmedo s’est présentée aux urgences du CHUM le 26 juin dernier en avant-midi pour que son dossier débloque. À sa grande surprise, le soir même, elle était sur la table d’opération.

«Le chirurgien m’a dit qu’il pouvait bloquer les symptômes, mais ils ne pouvaient pas faire que ça revienne comme avant», s’est désolée celle qui poursuit actuellement sa convalescence dans sa résidence de Terrebonne.

Le pire évité

Veronica Olmedo, qui apprend maintenant à vivre avec des douleurs permanentes au bas du corps, sait que sa vie ne sera plus jamais pareille. Elle doute qu’elle pourra un jour travailler à nouveau comme préposée aux bénéficiaires sur le plancher.

Malgré tout, la femme fait preuve d’une joie de vivre déconcertante. Dans les circonstances, elle s’estime chanceuse.

«Si je n’étais pas allée à l’urgence, peut-être que j’aurais perdu l’usage de mes jambes. Quand on m’a finalement rappelée, ça faisait déjà plus d'une semaine que j’avais été opérée», a-t-elle évoqué.

En d’autres mots, si elle avait continué de patienter chez elle, Mme Olmedo aurait été vue en chirurgie un mois après son diagnostic, un temps d’attente bien plus long que l’intervalle recommandé de 10 jours.

Pas un cas unique

Le CHUM est incapable de dire combien de personnes, comme Mme Olmedo, ont dû attendre plus longtemps, comme une partie des ressources étaient mobilisées pour la COVID-19.

Le grand centre hospitalier montréalais a indiqué samedi qu’il profitait présentement d’un répit de la pandémie pour rattraper les retards accumulés pendant la crise.

«Pendant la période estivale, le nombre de salles en fonction est supérieur de 15% à l’an dernier et la moitié de nos salles fonctionnent sur un horaire étendu. Sous réserve de l’évolution de la situation de la COVID-19, les blocs opératoires reprendront à un niveau supérieur ou égal au niveau pré-COVID dès le 8 septembre», a signalé par courriel Lucie Dufresne, porte-parole de l’établissement.

Quoi qu’il en soit, un comité du CHUM se réunissait quotidiennement au plus fort de la crise pour déterminer les opérations qui devaient avoir lieu quand même.

Veronica Olmedo se demande aujourd’hui en quoi son problème de santé n’était pas prioritaire aux yeux du CHUM.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.