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Politique d’admissibilité au football: U SPORTS fait volte-face

Politique d’admissibilité au football: U SPORTS fait volte-face
Photo d'archives, Didier Debusschère

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À la suite de la grogne provoquée par sa décision de ne pas accorder une année d’éligibilité supplémentaire à ses footballeurs qui auront 25 ans avant le 1er septembre prochain, U Sports a décidé de changer son fusil d’épaule, lundi.

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Cet été, l’organisation chapeautant le sport scolaire au Canada a d’abord annoncé qu’elle ne tiendra pas de Championnat national de football en 2020, et ce, en raison de la pandémie de coronavirus. Elle a ensuite précisé que ses étudiants-athlètes ne pourraient pas reprendre leur saison ratée dans le futur.

Cela signifiait que plusieurs dizaines de footballeurs allaient être privés de leur dernière campagne universitaire. Une situation qui a été fortement critiquée par ces athlètes et leurs entraîneurs.

«Les réseaux sociaux donnent l’opportunité aux entraîneurs et à tout le monde de donner leurs opinions. Nous les avons écoutés», a dit la directrice en chef du sport chez U SPORTS, Lisette Johnson-Stapley, lors d’un entretien téléphonique.

«Les entraîneurs et les athlètes se concentrent sur ce qui se passe sur le terrain. Souvent, il y a des décisions des administrateurs qui sont basés sur d’autres considérations que les entraîneurs et les athlètes ne connaissent pas», a-t-elle poursuivi sans préciser la nature de ces considérations.

Qu’à cela ne tienne, la pression populaire a fait en sorte que U SPORTS accorde une année d’éligibilité aux joueurs qui auront 25 ans dans la prochaine année et qui était membre d’une formation lors de la campagne 2019.

Rappelons qu’à l’exception du circuit québécois, les trois autres ligues universitaires du pays ont choisi de ne pas tenir de saison en 2020. Le Réseau du sport étudiant du Québec doit prendre une décision avant la fin du mois d’août.

En profiter

U SPORTS a donc décidé de profiter de cette situation exceptionnelle pour se pencher sur sa politique d’admissibilité.

«Nous avons choisi de prendre le temps de regarder nos règlements. Cela fait dix et cinq ans que nous avons mis des politiques en place. Avec la pandémie de COVID-19, nous avons le temps de faire une révision», a expliqué Mme Johnson-Stapley.

En 2010, les décideurs canadiens ont choisi d’imposer des règlements concernant l’âge de ses footballeurs, afin d’éviter de trop grands écarts sur le plan du développement physique notamment.

Il a donc été statué que les athlètes du Québec avaient huit ans après la conclusion de leurs études secondaires pour se prévaloir de cinq ans d’éligibilité au niveau universitaire. Pour ce qui est des sportifs canadiens, la période était de sept ans.

Cinq ans après la mise en place de cette politique, elle a été changée pour uniformiser la chose. Depuis, c’est la règle des 25 ans avant le 1er septembre qui est appliquée.

U SPORTS se donne jusqu’en février prochain pour analyser cette façon de faire et la modifié s’il juge que c’est nécessaire.

L’ensemble des équipes de football universitaire du pays seront consultés et c’est le comité responsable du football chez U SPORTS qui sera responsable de l’examen. Celui-ci est composé d’un représentant des entraîneurs, de directeurs de programmes sportifs et de représentants des bureaux administratifs de chaque ligue.

Mme Johnson-Stapley a aussi indiqué que le nouveau comité médical d’U SPORTS sera également impliqué dans le processus.

Une décision applaudie au Québec

PHILIPPE ASSELIN

C’est avec un soupir de soulagement que les entraîneurs-chefs des équipes de football universitaire du Québec ont accueilli le volte-face d’U Sports.

L’organisation qui chapeaute le sport universitaire au Canada a finalement décidé d’accorder une année d’éligibilité supplémentaire aux joueurs qui auront 25 ans après le 1er septembre prochain, leur permettant ainsi de disputer une dernière saison en 2021.

«C’est une super bonne nouvelle. Ce sont des gars qui sont en fin de carrière et c’était une situation frustrante pour un jeune qui s’apprêtait à jouer une dernière année. De penser que cela allait se terminer ainsi, c’était vraiment cruel», a exprimé l’entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal, Marco Iadeluca, après l’entraînement des siens.

Même son de cloche du côté du pilote de l’équipe de football de l’Université McGill, Ronald Hilaire.

«C’est bien que la décision de jouer une dernière année revienne finalement aux joueurs, a-t-il clamé. Je pense que c’était déchirant pour eux de ne pas avoir cette option-là.»

Deux autres saisons?

À l’inverse des trois autres ligues du pays, le Réseau du sport étudiant du Québec n’a pas fait une croix sur sa campagne 2020. L’instance doit prendre une décision avant le 31 août.

Avec la décision d’U Sports, les footballeurs qui auront 25 ans et qui évoluent dans la Belle Province pourraient jouer la saison 2020 au Québec et revenir en 2021 pour prendre part à une campagne comprenant un championnat canadien. C’est du moins ce qu’en ont compris Iadeluca et Hilaire.

«Même si nous avons un semblant de saison ou une campagne locale, les gars ne perdront pas d’année d’éligibilité, parce qu’il n’y a pas de championnat national, a affirmé l’entraîneur des Bleus. [...] Ils pourront terminer leur parcours dans une année normale.»

Chez les Carabins, il y a huit joueurs qui auront 25 ans dans la prochaine année, tandis qu’il y en a une douzaine à McGill.

Prudents

En ce qui concerne l’analyse complète d’U Sports de sa politique en matière d’éligibilité, les deux dirigeants du Québec se montrent prudents.

«C’est une sujet très complexe, a dit Hilaire. Honnêtement, c’est aux experts d’analyser le tout et à prendre une décision sur ce qui doit être fait.»

«Il faut prendre le temps d’y réfléchir, car il y a beaucoup d’enjeux», a quant à lui indiqué Iadeluca, en précisant que son opinion sur le sujet n’était pas encore faite.

«Il faut regarder pourquoi nous avions pris cette décision-là dans le temps. Avec la situation que nous vivons, il faut analyser tout ça et prendre la décision qui sera la plus équitable pour tout le monde», a conclu le pilote de l’Université de Montréal.