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«Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera!»

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Photo AFP La Chine, forte d’une population qui représente le quart de la population mondiale, aspire aujourd’hui à la plus haute marche du podium des grandes puissances.

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Cette citation lourde de sens, « laissons dormir la Chine, car lorsqu’elle s’éveillera, le monde tremblera », est attribuée à Napoléon 1er. Elle avait inspiré l’homme politique et écrivain français Alain Peyrefitte en 1973, lorsqu’il publia son ouvrage d’anticipation portant sur la Chine de Mao durant la Révolution culturelle.

Alain Peyrefitte a vu à l’époque l’élan nationaliste que se donnait la Chine et ce qu’elle allait devenir.

La Chine, forte d’une population qui représente le quart de la population mondiale, aspire aujourd’hui à la plus haute marche du podium des grandes puissances économiques, politiques, technologiques, scientifiques et militaires au monde. Elle inquiète l’Occident qui, de l’Europe à l’Amérique, montre des signes d’essoufflement et de perte de leadership dans différents domaines stratégiques.

Le régime communiste a su s’adapter

Mutant comme un éphémère d’un régime communiste bureaucratique à un régime mi-communiste, mi-capitaliste, la Chine est devenue bon an, mal an, l’atelier du capitalisme mondialisé, grâce aux délocalisations d’entreprises occidentales.

À la faveur de sa main-d’œuvre bon marché, elle s’est d’abord imposée sur le marché mondial comme un incontournable pour la fabrication à bas coûts de produits à faible valeur ajoutée. Des produits qui s’écoulent très facilement sur la planète et notamment en Occident.

Ce fut ensuite la production des produits à plus grande valeur ajoutée. Pensons notamment aux produits électroniques et à leur assemblage... À voir la majorité de nos ordinateurs, tablettes numériques, téléphones cellulaires, nous en dépendons tous.

La Chine n’est plus un simple atelier ou une usine pour la planète. Elle est devenue un immense marché de consommateurs constitué d’une classe moyenne en croissance.

Aussi, après les transferts technologiques conditionnels à l’accès au marché chinois durant les années précédentes, ce seront 80 % des produits de secteurs dits stratégiques qui devront être fabriqués en Chine à compter de 2025. Nouvelle politique du « Made in China » oblige. Pensons à l’intelligence artificielle, à la robotique ou à l’énergie durable, etc.

Cette politique portera certainement un mauvais coup aux économies occidentales ayant fortement abdiqué leur souveraineté industrielle au bénéfice de l’empire du Milieu à force de délocalisations passées.

Le déficit commercial s’amplifiera davantage avec la Chine, et les équilibres socio-économiques sur lesquels les pays occidentaux fondent leur stabilité en pâtiront. La montée en puissance de la Chine apparaît donc désormais comme une menace.

L’occident fragilisé ?

Face à la puissance économique de la Chine, de nombreux pays occidentaux sont aux prises avec des crises internes relatives aux enjeux de justice sociale et de la pandémie de la COVID-19. Ils anticipent l’avenir avec appréhension. L’hypothèse d’une profonde fissure de leur socle économique et social n’est pas écartée. Certains observateurs entrevoient même les premiers signes de la fin de la domination occidentale depuis l’aboutissement de la Seconde Guerre mondiale.

En 1949, Mao disait : « Le peuple chinois doit se lever ». Il a visiblement été exaucé...