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WE Charity: Justin Trudeau témoignera jeudi, sa cote de popularité en baisse

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau
Photo AFP Le premier ministre canadien, Justin Trudeau

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Le premier ministre Justin Trudeau témoignera jeudi au comité des Finances qui se penche sur la controverse WE Charity. 

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 La comparution, l'une des rares d'un premier ministre en fonction au Canada, aura lieu de 15 h à 16 h. C’est ce qu’on a appris, lundi, sur la page web du comité parlementaire.

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La chef de cabinet de M. Trudeau, Katie Telford, livrera sa version tout de suite après le chef libéral, soit à 16 h 15, selon l’horaire. Le tout doit se faire par vidéoconférence.

Le témoignage du chef aura sans doute quelque chose d’historique puisqu’on ne compterait que cinq premiers ministres en fonction à avoir témoigné devant des comités ou des commissions royales dans l’histoire du Canada, selon une recherche non exhaustive menée par la Bibliothèque du Parlement

  • Écoutez l'entrevue de la chroniqueuse Sophie Durocher avec Vincent Dessureault à QUB Radio:

En 1932, Richard Bedford Bennett a dû témoigner devant un comité spécial après avoir été accusé, entre autres, d’avoir payé à même des fonds publics le voyage de noces de sa sœur.

Tout indique que la dernière comparution d’un premier ministre en poste remonte à 2006, quand l’ex-premier ministre conservateur Stephen Harper a témoigné devant le Comité spécial sur la réforme du Sénat.

L’affaire WE Charity a éclaté après que M. Trudeau et son gouvernement eurent accordé la gestion d’un programme de bénévolat étudiant à l’organisation WE Charity, proche de la famille Trudeau.

Le premier ministre est aussi visé, dans la foulée de cette affaire, par une enquête du commissaire à l’éthique et aux conflits d’intérêts, Mario Dion. C'est la troisième fois depuis son élection de 2015 qu'il doit se plier à un tel exercice. Les deux fois antérieures, M. Trudeau a reçu un blâme.

500 des 900 M$ annoncés auraient été alloués en aide directe aux étudiants

Seulement 500 des 900 millions $ annoncés par le gouvernement de Justin Trudeau au programme de bénévolat étudiant, qui se retrouve au cœur de l’affaire WE Charity, ont été mis de côté pour donner des bourses directement aux jeunes.

C’est ce qu’on peut lire dans l’entente écrite sur la gestion du programme, qui se trouve au cœur de la controverse d'apparence de conflits d’intérêts. Le texte de l’accord survenu entre WE Charity et Ottawa fait partie d’une série de documents fournis au comité des Finances lundi.

Le montant de 900 millions $ a été mentionné par le fédéral dès avril, quand il a manifesté son intention de mettre sur pied un programme de Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant (BCBE).

Une source gouvernementale a soutenu, lundi, que ce n’est qu’après, en mai, que les paramètres du programme et son budget total de 543 millions $ ont été fixés en suivant les recommandations d’Emploi et développement social Canada. Or, la somme de 900 millions $ a continué de circuler pendant les semaines qui ont suivi et ce montant figurait toujours sur une page web du ministère des Finances, lundi.

Concernant la somme de 500 millions $ en bourses, 100 millions $ devaient aller à une «première cohorte» d'au plus 20 000 participants, 100 millions $ à une «deuxième cohorte» de 20 000 autres participants et jusqu’à 300 millions $ à une «cohorte supplémentaire» d'un maximum de 60 000 participants.

À cela s’ajoute le montant maximal de 43 millions $ que WE Charity, organisation proche de la famille Trudeau, aurait pu toucher pour gérer le programme. La somme de départ était de 19,5 millions $ et était destinée à la «conception, mise en œuvre et exécution du programme destiné à la première cohorte».

Parmi les autres documents reçus par le comité des Finances lundi, on retrouve une liste d'autres organisations que WE Charity qui auraient été considérées pour l'administration du programme, comme la Croix-Rouge canadienne, Universités Canada et Centraide.

Trudeau perd des plumes

La cote de popularité du premier ministre Justin Trudeau a baissé en raison de l’affaire WE Charity, selon deux récents sondages, mais les Canadiens semblent peu portés à croire que la controverse fera tomber son gouvernement minoritaire. 

Plus de la moitié des Canadiens sondés par l’institut Angus Reid, soit 54%, désapprouvent la performance du premier ministre, contre 44% qui l'approuvent. Cela représente donc une baisse récente de six points pour son taux d’approbation et de 11 points depuis mai, note-t-on.

Or, 56% croient que la controverse, qui éclabousse les libéraux depuis des semaines, ne sera pas un enjeu qui minera, à long terme, la viabilité du gouvernement Trudeau. Il n’en reste pas moins que la controverse constitue un enjeu «sérieux et significatif» pour 59% des sondés.

Notons que, selon ce coup de sonde, les résidents du Québec sont plus nombreux à penser que les libéraux pourraient éventuellement perdre le pouvoir en raison de l’affaire WE Charity.

Un deuxième sondage, mené celui-là par la firme EKOS, pointe essentiellement dans la même direction. L’avance dont jouissaient les libéraux a fondu, passant de 11 à 5 points en un mois, indique-t-on.

«Toutefois, il y a des éléments indiquant que les impacts du scandale commencent déjà à se dissiper», écrit-on.

Ainsi, les libéraux se situent à 34,7% dans les intentions de vote, les conservateurs, à 30% dans le coup de sonde d’EKOS. Le Nouveau Parti démocratique cumule, pour sa part, 15,2% des voix, le Parti vert, 7,6% et le Bloc québécois 6,5 % au pays.

La marge d’erreur du sondage Angus Reid est de 2,5%, 19 fois sur 20, et celle d’EKOS, de 3,7%, 19 fois sur 20.

- Agence QMI

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