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COVID-19: l’Auberge aux Trois Pignons visée par une enquête

La gestion des soins et des services est confiée au CIUSSS de la Capitale-Nationale

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La gestion des soins et des services à l’Auberge aux Trois Pignons, qui fait présentement l’objet d’une enquête indépendante après une éclosion majeure de COVID-19, sera assurée jusqu’à nouvel ordre par le CIUSSS de la Capitale-Nationale.  

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale en a fait l’annonce hier après-midi.

Depuis le 11 juillet dernier, 21 résidents et sept employés de cette résidence privée pour aînés, située dans l’arrondissement Beauport, ont contracté la COVID-19. On y déplore déjà trois décès.

Dans les derniers jours, deux médecins ayant prêté main-forte sur place de même qu’un proche d’une personne qui y est hébergée ont dénoncé publiquement la situation observée sur les lieux.

Consternée d’apprendre le mauvais sort réservé aux aînés qui y sont hébergés, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) réclamait une mise en tutelle de l’établissement.

Or, selon ce qu’il a été possible d’apprendre, les dispositions légales qui encadrent les résidences privées pour aînés (RPA) ne permettent pas au gouvernement de procéder à une mise en tutelle.

Marguerite Blais, Ministre responsable des Aînés
Photo Stevens LeBlanc
Marguerite Blais, Ministre responsable des Aînés

Éviter un Herron 2.0 

« Il faut absolument éviter aux résidents hébergés et à leur famille de répéter la triste situation vécue au CHSLD Herron », a plaidé le président de l’AQDR, Pierre Lynch.

Rappelons qu’au printemps dernier, une trentaine d’aînés sont décédés après avoir contracté la COVID-19 dans ce CHSLD privé de Dorval. On y déplore, depuis, une dizaine de décès additionnels.

Hier matin, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a expliqué que c’est justement pour ne pas revivre une pareille situation qu’une enquête indépendante visant l’Auberge aux Trois Pignons a été déclenchée par le ministère de la Santé.

Deux inspecteurs du ministère de la Santé et des Services sociaux qui ont été dépêchés sur les lieux hier.
Photo Jean-François Desgagnés
Deux inspecteurs du ministère de la Santé et des Services sociaux qui ont été dépêchés sur les lieux hier.

Deux inspecteurs s’y sont rendus hier après-midi. Il s’agit d’une première pour une résidence privée pour aînés (RPA), a souligné Mme Blais.

« On doit comprendre pourquoi la situation s’est détériorée, et on veut savoir à quel point les acteurs ont été rapides dans leurs alarmes et dans leurs actions », a commenté le ministre de la Santé, Christian Dubé, sur son compte Twitter.

« L’enquête indépendante que nous avons demandée va faire la lumière et nous permettre de nous préparer pour la suite », a-t-il ajouté.

Un résident qui a été évacué en ambulance hier.
Photo Jean-François Desgagnés
Un résident qui a été évacué en ambulance hier.

« Inacceptable »

« C’est plus que préoccupant, c’est même inacceptable », a déclaré la ministre Blais, en réaction aux témoignages relayés dans différents médias sur la situation à l’Auberge aux Trois Pignons.

« Deux médecins qui ont accepté d’y aller [...] nous disent que c’est épouvantable ce qui se passe. Bien je les crois, je prends ça au sérieux », a relaté la ministre. 

« Moi, je suis revenue en politique pour protéger les aînés, pas pour les voir mourir », a souligné Mme Blais, qui a annoncé hier la construction prochaine d’une première Maison des aînés à Lévis, dans le secteur Saint-Étienne.

En tout, 120 places y seront offertes, dont 96 pour des aînés et 24 pour des adultes ayant des besoins particuliers.

La certification de la résidence est en jeu 

Le propriétaire de l’Auberge aux Trois Pignons risque de perdre sa certification s’il ne parvient pas à se conformer aux recommandations qui lui seront bientôt formulées. 

« Une résidence pour personnes âgées autonomes privée, ce qui la caractérise, c’est sa certification », a expliqué le PDG adjoint du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Guy Thibodeau, en entrevue avec Le Journal.

« Dans le cas où une résidence ne rencontrerait pas les critères, ce qu’on fait, a-t-il continué, c’est qu’on lui retire sa certification. »

Pour l’instant, le CIUSSS « n’en est pas là », a-t-il assuré, mais toute la preuve et les informations récoltées sur place viendront alimenter l’analyse, à laquelle s’ajoute maintenant une enquête indépendante du ministère de la Santé.

« Je ne peux pas vous dire combien de temps ça va durer, mais une chose qui est certaine, c’est qu’on ne laissera pas les résidents et leurs familles sans soins et services appropriés », a assuré M. Thibodeau.

Des lacunes

Depuis l’éclosion de COVID-19 du 11 juillet dernier, plusieurs lacunes ont été observées sur les lieux, tant pour les résidents infectés que pour ceux qui ont été épargnés.

« Il y avait un enjeu de personnel important », a résumé le PDG adjoint du CIUSSS.

Le propriétaire de la résidence, qui n’a pas rappelé Le Journal, aurait ainsi convenu qu’il n’arriverait pas à restabiliser la situation, a rapporté M. Thibodeau.

Prise en charge

Le CIUSSS a ainsi pris en charge « tout ce qui est soins infirmiers, soins psychosociaux, les soins de réadaptation et le contact avec les familles », a-t-il expliqué. Idem pour le service alimentaire et le service de buanderie.

Seules certaines tâches administratives demeurent sous la responsabilité de l’exploitant.  

La séquence des événements  

Le 10 juillet, une résidente de l’Auberge aux Trois Pignons (arrondissement Beauport) est déclarée positive à la COVD-19 après avoir été hospitalisée.

Les 11 et 12 juillet, le CIUSSS de la Capitale-Nationale procède sur place à une opération massive de dépistage pour la COVID-19.


Résultats : 28 personnes sont infectées, soit 21 résidents et 7 employés.

Sur les lieux, le CIUSSS constate qu’une partie du personnel ne se présente plus au travail.

Il manque du personnel également en cuisine, à la buanderie et à l’entretien.

Le CIUSSS dépêche d’abord plus d’une trentaine d’effectifs sur place, pour finalement en mobiliser une cinquantaine.


Les 26 et 27 juillet, deux médecins, dont la Dre Karyne Cordeau, qui ont prêté main-forte à l’Auberge aux Trois Pignons, en plus du fils d’un résident dénoncent la situation constatée sur les lieux à des journalistes du Soleil et de Radio-Canada.


Le 28 juillet, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, confirme la tenue d’une enquête indépendante, la première du genre à viser une résidence privée pour aînés (RPA).

Plus tard en après-midi, le CIUSSS de la Capitale-Nationale annonce qu’il assurera jusqu’à nouvel ordre la gestion des soins et services offerts à l’Auberge aux Trois Pignons. 

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