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Des centaines de congédiements injustifiés au sein de We Charity

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Capture d’écran, CPAC Les fondateurs de We Charity, Marc Kielburger, à gauche, et son frère Craig, étaient en visioconférence pendant leur témoignage de mardi après-midi.

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OTTAWA | WE Charity a mis à pied 390 personnes en mars, puis a affiché 450 postes de bénévoles rémunérés par le gouvernement grâce à la bourse canadienne pour le bénévolat étudiant.

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La purge a été telle que la présidente du conseil d’administration, Michelle Douglas, a rapidement émis des doutes. C’est ce qu’elle a dit mardi au comité permanent des Finances.

« Nous pensions qu’il n’était pas possible de congédier des centaines d’employés sans des preuves concrètes et qu’il fallait tout de même étudier des efforts d’atténuation pour sauver des emplois », a déclaré Mme Douglas.

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Le conseil d’administration a réclamé des données financières et des rapports pour appuyer la nécessité de licencier autant de personnes. Mais au lieu de cela, Mme Douglas s’est vu montrer la porte, et la majorité du conseil l’a suivie, le 27 mars.

« C’était clair qu’il y avait eu une rupture de la confiance entre les fondateurs et moi », a-t-elle dit. 

Rupture de confiance

« J’ai démissionné parce que je ne pouvais pas faire mon travail. Je ne pouvais pas remplir mon devoir de gouvernance », a-t-elle ajouté.

Après son départ, 450 fonctions virtuelles pour des bénévoles ont été annoncées par WE Charity dans la cadre du programme de bourse fédéral pour le bénévolat étudiant, a révélé le Globe and Mail.

En échange d’une bourse fédérale, les bénévoles absorbés par WE Charity devaient créer des contenus numériques et éducatifs pour l’organisme.

Mais Craig Kielburger s’est défendu de tirer un quelconque bénéfice : « WE Charity aurait seulement été remboursé pour les coûts de conception et d’administration du programme [...] WE Charity n’aurait pas reçu de gain financier du programme et il est incorrect de dire le contraire ».

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Alors que le gouvernement promeut depuis le départ une enveloppe de 900 M$ pour les étudiants bénévoles, les Kielburger évaluent plutôt que le programme aurait distribué entre 200 M$ et 300 M$ en bourses.

Rémunéré ou pas ?

Leur organisme devait toucher 43,5 M$ pour administrer le programme. Craig Kielburger a refusé de dire s’il aurait personnellement été rémunéré à même cette enveloppe, indiquant être payé par ME to WE, société sœur de WE Charity. 

L’entente entre Ottawa et l’organisme prévoit que « le bénéficiaire peut considérer une partie raisonnable de son salaire comme étant des dépenses admissibles et n’est pas tenu de conserver des feuilles de temps à cet égard ».

« Certains ont laissé entendre que WE Charity était dans une situation financière désastreuse avant [le contrat offert par Ottawa] et que cela a motivé nos actions. Ce n’est tout simplement pas vrai », a dit Craig Kielburger.

Marc et Craig Kielburger     

  • Agés de 43 et 37 ans. Originaires de la banlieue de Toronto.  
  • Ont fondé en 1995 l’organisme Free the Children, qui deviendra plus tard WE Charity.  
  • Conférenciers, activistes et auteurs de plusieurs livres.   
  • Craig a mené des études sur la paix et les conflits à l’Université de Toronto et à l’Université York en administration des affaires.    
  • Marc a étudié en relations internationales à l’Université Harvard, et en droit à l’Université Oxford.   
  • Membres de l’Ordre du Canada.     

– Avec la collaboration de Sarah Daoust-Braun, Agence QMI