/news/society
Navigation

Tourisme: «On essaie de passer la tempête»

Charlevoix et Saguenay subissent aussi les contrecoups d’une minorité de touristes peu civilisés

Déchets Saguenay
Photo courtoisie Le problème de déchets est récurrent aux abords du lac Kénogami, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, où les visiteurs, qu’ils soient des touristes ou des locaux, laissent de tout.

Coup d'oeil sur cet article

La Gaspésie n’est pas la seule à goûter à la médecine de visiteurs peu civilisés, alors que Saguenay et Charlevoix subissent aussi des comportements répréhensibles dans leurs sites touristiques les plus prisés.

• À lire aussi: «Invasion» de la Gaspésie: «Ça n'a pas de bon sens»

• À lire aussi: Dérapages en Gaspésie: des relents de tout-inclus

• À lire aussi: «Situation de crise»: des touristes irrespectueux dérangent en Gaspésie

Le Journal démontrait hier l’ampleur de la situation de crise qui sévit actuellement en Gaspésie, où le manque de civilité de certains touristes envers leur coin de paradis suscite l’indignation des résidents et de la vice-première ministre Geneviève Guilbault.

Or, le cas gaspésien n’en est pas un isolé. Au Saguenay, le mont Jacob et les abords du lac Kénogami ont subi la négligence de visiteurs : du vandalisme a été rapporté et des restants grossiers de pique-niques ont été ramassés, carcasses de homard et couches de bébé comprises.

« Les gens qui manquent de civisme chez eux, ce n’est pas parce qu’ils vont ailleurs qu’ils vont commencer à en avoir », prend soin de rappeler le conseiller municipal de Saguenay Jimmy Bouchard, incapable de dire si les auteurs sont des touristes ou des résidents de la région.

Des gens ont jeté des déchets sur un site du mont Jacob, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, au cours de la fin de semaine dernière.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Des gens ont jeté des déchets sur un site du mont Jacob, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, au cours de la fin de semaine dernière.

Charlevoix y goûte

La Municipalité de Saint-Siméon, dans Charlevoix, déplore quant à elle des agissements similaires à ceux rapportés en Gaspésie.

À l’instar de ses homologues de la région, le maire Sylvain Tremblay est bien heureux de voir des visiteurs débarquer chez lui et faire rouler l’économie. Mais la minorité composée de gens « un peu fous » s’impose plus que jamais cette année.

« À ce niveau-là, je n’ai jamais vu ça, affirme M. Tremblay. Ça crée une pression sur nos employés. On n’arrive pas à traiter ça. Il y a beaucoup de plaintes. »

Saint-Siméon a une force de frappe municipale limitée, elle qui a les ressources pour soutenir une communauté de 1300 résidents. C’est encore plus minime à Baie-Sainte-Catherine, une trentaine de kilomètres plus loin, avec ses 200 résidents.

Déchets Saguenay
Capture d'écran, TVA Nouvelles

Le maire de l’endroit, Donald Kenny, arrive au même constat : les moyens sont trop limités pour ramasser ou surveiller.

Il patrouille donc lui-même les lieux où des campeurs illégaux s’installent, alors que le camping local est fermé pour l’été.

« Je tiens les cordons très serrés, dit-il. [Hier soir], j’en ai averti trois, poliment, et ils sont partis. »

« Pas de bon sens »

Questionnée hier en point de presse au sujet des touristes dérangeants en Gaspésie, la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a convenu que « ça n’a pas de bon sens ». Elle assure travailler main dans la main avec les municipalités pour régler le problème. 

« On a ajouté des effectifs policiers », souligne-t-elle, précisant que cela suffit parfois à décourager des comportements désagréables de certains touristes. Les choses se sont améliorées, considère-t-elle.

Des campeurs se sont approprié les plages en Gaspésie.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Des campeurs se sont approprié les plages en Gaspésie.

Le maire de Saint-Siméon, lui, espère que l’aide arrivera aussi chez lui. Aimerait-il avoir un coup de main de Québec pour remédier au problème ?

Il lâche un grand soupir et prend une longue pause. « C’est une situation assez unique, souffle Sylvain Tremblay. En ce moment, je me dis qu’on va laisser passer les vacances et on va regarder ce qu’on peut faire nous-mêmes. »

D’ici là, « on essaie de passer la tempête », lâche-t-il.

Des réactions   

« On a des gens qui laissent leur tente au beau milieu de la plage, des déchets partout, des bouteilles à la mer et même des excréments, alors qu’on a des blocs sanitaires un peu partout. »

— Méganne Perry Mélançon, députée péquiste de Gaspé

« C’est déplorable, en 2020, d’avoir à faire une campagne de sensibilisation pour dire de ramasser ses déchets. »

— Jimmy Bouchard, conseiller municipal de Saguenay

« Ça brise le cœur de voir des images comme on en a vu : des gens qui laissent des déchets sur des sites de camping, sur des plages. »

— Geneviève Guilbault, vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique

« On est content de vous voir et on comprend la situation qu’on vit tous. Mais essayez donc d’être civilisés. »

— Sylvain Tremblay, maire de Saint-Siméon