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Des employés dénoncent des conditions dangereuses dans une résidence pour aînés

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Des employés de la résidence privée pour aînés Chartwell Bois-de-Boulogne, située à Montréal, dénoncent vivement les conditions de vie déplorables dans lesquelles les résidents se trouvent en raison notamment du manque criant de personnel.

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Soins de base déficients, entretien ménager négligé, résidents obligés de dormir avec une couche souillée, manque de personnel devenu dangereux; telles sont les allégations soutenues par des employés de la résidence Chartwell qui ont accepté de parler sous le couvert de l’anonymat par peur de représailles à leur endroit.

Ces employés rencontrés par TVA Nouvelles ne réclament rien de moins que la tenue d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur cette situation inquiétante.

Ces derniers affirment même que la direction de l’établissement tente de cacher des cas de contamination à la COVID-19, ce que dément vivement l'établissement.

«Il n’existe aucun cas de COVID-19 suspectés ou avérés à la résidence Chartwell Bois-de-Boulogne comme peuvent le confirmer les autorités de santé publique», a affirmé la direction de la résidence, mercredi soir.

Lors d’une entrevue accordée à TVA Nouvelles, l’une des employées implore le gouvernement de venir visiter la résidence pour «qu’ils puissent constater par eux-mêmes l’état d’urgence».

«C’est dangereux. J’ai ma mère, j’ai ma grand-mère, j’ai des tantes. Je n’aurais jamais souhaité qu’elles vivent dans des conditions pareilles», s'est désolée une autre employée.

Le syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES), affilié à la FTQ, a déploré que les résidents de la résidence Chartwell Bois-de-Boulogne «fassent les frais du manque de personnel».

«Il est irresponsable qu’un employeur ne puisse pas assurer un service qui maintient la dignité de ses résidents. [...] Les employeurs, sinon les pouvoirs publics, doivent s’assurer d’un fort rehaussement des conditions de travail et de salaire de ces femmes souvent immigrantes. Autrement, elles vont travailler ailleurs et la pénurie de main-d’œuvre s’aggravera», peut-on lire dans une déclaration du syndicat.

La ministre Blais réagit

Dans un retweet de notre journaliste de TVA Nouvelles, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants Marguerite Blais a réagi aux allégations de ces employés en ajoutant être en contact avec le CIUSSS et l'établissement en question.

«Je prends très au sérieux les dénonciations du personnel de cette résidence privée. [...] Je le répéterai jamais assez: c'est TOLÉRANCE ZÉRO face à la maltraitrance de nos aînés», a tweeté la ministre mercredi soir.

Du côté de la résidence en question, on assure que la direction compte sur le personnel nécessaire pour offrir «à ses résidents les services et les soins répondants à leurs besoins, y compris le nombre suffisant de préposés aux résidents pour assurer les quarts de jour et de nuit.»

«Sachez que nous sommes actuellement en négociations avec le syndicat représentant nos employés, qui fait campagne dans le but de discréditer leur employeur», peut-on lire dans la déclaration de Marie-France Lemay, vicee-présidente aux opérations et vente de Chartwell.

La direction dit être en négociations avec les représentants syndicaux concernant le renouvellement de la convention collective des employés pour en «arriver à une entente mutuellement satisfaisante».

«Pathétique»

Après avoir pris connaissance de la récente déclaration de Chartwell, le conseiller syndical du SQEES section 298 affilié à la FTQ a déploré l'attitude de l'employeur et se questionne sur le lien fait entre les allégations soutenues par les employés et les négociations de la convention collective.

«C'est complètement pathétique. Il n'y a pas question de négociations actuellement. Je l'ai appris par mon conseiller aux communications. J'ai eu des ouï-dires la semaine passée [...] comme quoi il n'y a pas de fumée sans feu je crois», a confié Esteben Harguindeguy à TVA Nouvelles, en fin de soirée mercredi.

Un employé à l’entretien ménager de la résidence Chartwell Bois-de-Boulogne gagne le salaire minimum de 13,10 $ de l’heure, alors qu’une préposée aux bénéficiaires est embauchée avec un salaire de 14,24 $, a ajouté le syndicat.

Chartwell est le plus important propriétaire et gestionnaire de résidences pour personnes âgées au Canada. L'entreprise possède 181 établissements.

-Avec les informations d'Andy St-André

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