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Le Brésil franchit le cap des 90 000 morts du coronavirus

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RIO DE JANEIRO | Le Brésil a franchi mercredi le cap des 90 000 morts du coronavirus, et annoncé des chiffres de nouveaux décès et nouvelles contaminations au cours des dernières 24 heures très élevés qui témoignent de la virulence de la pandémie. 

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Le Brésil est le deuxième pays où la COVID-19 tue le plus au monde après les États-Unis, qui ont franchi mercredi de leur côté le seuil des 150 000 morts.

Le plus grand pays d’Amérique latine a enregistré au cours des dernières 24 heures 1595 décès supplémentaires, ce qui porte le total à 90 134 morts, a annoncé le ministère de la Santé.

Le ministère a également fait état de 69 074 nouvelles contaminations en 24 heures. Au total, 2,55 millions de personnes ont été infectées par le virus.

Ces nouveaux décès et ces nouvelles contaminations représentent des records, qui doivent toutefois être relativisés.

L’État de Sao Paulo, le plus peuplé du Brésil avec ses 46 millions d’habitants, a en effet reporté sur ce mercredi les statistiques qu’il n’avait pas pu intégrer la veille, pour des raisons techniques, dans le tableau national.

Il n’en reste pas moins que la pandémie est toujours très active au Brésil, avec une moyenne de plus de 1000 décès par jour sur sept jours glissants depuis le début juillet.

Quant au nombre de nouveaux cas sur sept jours glissants, il est en moyenne au-dessus de 30 000 depuis le 19 juin et supérieur à 40 000 depuis le 24 juillet.

Si le rythme actuel se poursuit, le Brésil devrait atteindre le cap des 100 000 morts à la fin de la semaine prochaine. Un épidémiologiste cité par la presse a évoqué un cap de 200 000 morts à la fin de l’année.

Les données du ministère de la Santé, d’après les scientifiques, sous-évaluent largement l’ampleur de la pandémie dans ce pays, qui pratique très peu de tests.

«Aujourd’hui, nous faisons des diagnostics plus précoces de la maladie», a toutefois assuré mercredi un responsable de la Santé, Arnaldo Medeiros, lors d’une conférence de presse. «Ceci contribue à l’augmentation du nombre de cas.»

Crise interminable

Contrairement à la majorité des pays touchés de plein fouet, le Brésil présente la spécificité d’être entré dans un plateau en juin, mais qui dure toujours, et reste à un niveau élevé.

Cela donne à la pandémie les allures d’une crise sanitaire interminable pour la population, cinq mois après la détection du premier cas de COVID-19, et qui rend de plus en plus difficile le maintien de mesures d’isolement et de distanciation physique.

Dans ce gigantesque pays de 212 millions d’habitants, le coronavirus s’est propagé de manière très hétérogène. Il flambe aujourd’hui dans les États du sud et du centre-ouest, après avoir balayé ceux de Sao Paulo et de Rio de Janeiro, dans le sud-est, ainsi que le nord et le nord-est.

Mais partout, les populations noires et métisses, de faible niveau d’instruction et de revenus, sont largement plus touchées que les classes blanches aisées, selon diverses enquêtes.

Laboratoire idéal pour des tests vaccinaux avec une telle circulation du virus, le Brésil mène actuellement deux campagnes de tests en phase III, la dernière phase avant l'homologation.

Positif pendant plus de deux semaines au début du mois, le président Jair Bolsonaro a surmonté la COVID-19, grâce, a-t-il assuré, aux vertus de son traitement à l’hydroxychloroquine, une molécule très contestée par la communauté médicale internationale.

Des syndicats représentant plus d’un million de membres du personnel de la santé au Brésil ont demandé lundi à la Cour pénale internationale (CPI) d’ouvrir une enquête sur sa réponse à la pandémie, qui constitue selon eux un crime contre l’humanité.

Mais la requête contre le président, qui n’a cessé de minimiser la crise sanitaire et a tenté d’entraver l’action des gouverneurs proconfinement au nom de la survie de l’économie, a peu de chances d’aboutir.

Selon les experts, l’absence de politique nationale a également largement favorisé la progression du virus au Brésil, où le ministère de la Santé est dirigé depuis mai par son troisième titulaire depuis le début de la crise, un général, qui est intérimaire.