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Le propriétaire d’un édifice abritant une piquerie à la tête d’un empire

L’homme derrière l’enseigne québécoise Hart possède de très nombreux immeubles

photos de la maison somptueuse
Photo Ben Pelosse Paul Nassar, l’homme d’affaires propriétaire d’un édifice abritant une piquerie dans Hochelaga-Maisonneuve, détient une résidence huppée de Westmount évaluée à près de 6 millions de dollars.

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Le propriétaire d’un édifice abritant une piquerie d’Hochelaga est un puissant homme d’affaires qui dirige un empire financier comprenant notamment les magasins Hart.

Vendredi dernier, Le Journal a levé le voile sur l’enfer vécu par les voisins du 3157, rue Sainte-Catherine Est, où drogue, prostitution et agressions font partie du quotidien.  

Le propriétaire de l’immeuble est l’entrepreneur québécois Paul Nassar. Il détient le bâtiment depuis mai 2019 par l’entremise de sa compagnie à numéro 3476847 CANADA INC.  

À l’époque, M. Nassar a payé l’immeuble 1,5 million $, légèrement au-dessus de l’évaluation foncière de 1,3 million $. À quelques kilomètres de là, il possède une résidence luxueuse de Westmount, évaluée à 5,97 millions de dollars.  

Très peu connu du grand public, plus discret que d’autres dans l’industrie du détail qui ont affirmé ne pas le connaître, Paul Nassar est néanmoins une figure importante du monde des affaires québécois.  

C’est lui qui a acheté il y a cinq ans la bannière Hart, qui compte 80 magasins et 20 maisons en gros au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Ces magasins vendent des vêtements, des jouets, de la literie, des appareils électroniques et des meubles.  

En plus d’être propriétaire de magasins à grande surface, Paul Nassar a réussi à se bâtir un patrimoine immobilier aux quatre coins de la province.  

Des dizaines de millions

Son parc de bâtiments industriels et résidentiels dépasse les dizaines de millions $ avec des immeubles sur des axes centraux comme la Côte-de-Liesse (7,8 millions $), Lansdowne (3,6 millions $), Bishop (3,6 millions $), René-Lévesque (2,8 millions) ou encore Crescent (2,2 millions $).   

L’empire de Paul Nassar va bien au-delà de l’île de Montréal. Il détient des bâtiments de Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides (1,3 million $) jusqu’à Sainte-Anne-des-Monts (2,6 millions $), en Haute-Gaspésie.  

« Saine cohabitation »

Dans Hochelaga-Maisonneuve, on a donc du mal à comprendre pourquoi rien ne vient à bout de l’immeuble à problème. 

« Ça serait facile pour le propriétaire d’obtenir une résiliation de bail. Il y en a déjà eu. Peut-être qu’il n’a pas réussi à expulser ses locataires en raison de la COVID-19 ? » s’est demandé Guillaume Dostaler, coordonnateur d’Entraide-Logement Hochelaga-Maisonneuve. 

Le cabinet du maire de l’arrondissement a refusé d’accorder une entrevue sur le sujet, en soulignant l’importance de préserver la mixité qui fait la richesse des quartiers. 

« Évidemment, cela ne doit pas se faire au détriment de la sécurité ou encore du sentiment de sécurité des citoyens », a insisté par courriel l’attachée de presse Catherine Barbeau. 

« Ça nous prend peut-être un peu moins de condos et plus de logements sociaux adaptés », croit de son côté Sylvie Boivin, directrice générale de l’organisme L’Anonyme, qui vient de convertir un immeuble en maison de chambres à quelques adresses de là.

Malgré de nombreuses tentatives, Le Journal n’a pas été en mesure de parler avec Paul Nassar ces derniers jours.  


Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’a pas été en mesure de dire hier si l’immeuble ou le quartier a été frappé par la récente vague de surdoses de fentanyl.