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Mission de la NASA: une Québécoise fébrile à l’idée d’explorer Mars, le robot Perseverance quitte la Terre

L’ingénieure québécoise pilotera le robot d’exploration qui doit décoller jeudi matin vers la planète rouge

Farah Alibay en plein travail lors de la mission InSight de la NASA au Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Los Angeles en 2018. Elle commandera Perseverance 2020 dans cette même salle.
Photo courtoisie NASA Farah Alibay en plein travail lors de la mission InSight de la NASA au Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Los Angeles en 2018. Elle commandera Perseverance 2020 dans cette même salle.

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Une Québécoise se trouvera aux commandes de Perseverance lors de sa mission sur Mars, un robot qui a entamé jeudi matin son long voyage en direction de la planète rouge à bord d’une fusée.

• À lire aussi: La Nasa lance son rover Perseverance vers Mars

 

« La beauté de travailler sur des missions complexes, c’est qu’on réalise que ce n’est pas un seul humain qui peut faire ça. [...] C’est à force de travailler en équipe qu’on est capable de créer quelque chose qui est plus grand que nous-même », relate Farah Alibay en entrevue avec Le Journal, à moins de 13 heures du grand décollage. 

C’est à bord de la fusée Atlas V, qui a décollé à 7h50 jeudi matin, du Cap Canaveral en Floride, que le robot a pris son envol. 

Farah Alibay en plein travail lors de la mission InSight de la NASA au Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Los Angeles en 2018. Elle commandera Perseverance 2020 dans cette même salle.
Photo courtoisie NASA

 

Native de Montréal, l’ingénieure en aérospatial de 32 ans tiendra un rôle clé dans la mission sur Mars, soit celui de manœuvrer Perseverance, un rover d’exploration [aussi appelé astromobile en français] à six roues qui ressemble à un véhicule tout terrain.

Le rover Perseverance
Photo AFP
Le rover Perseverance

 

Sans relâche

Elle et le reste de l’équipe « de surface » travailleront sans relâche pendant deux ans – c’est-à-dire un an martien –, pour recueillir une grande variété d’échantillons sur la planète rouge, qui seront rapatriés lors d’une prochaine mission.

À son arrivée sur Mars, le robot devra parcourir de longues distances à la recherche de traces d'anciens microbes ayant peut-être occupé sa surface il y a plus de trois milliards d'années. 

Son amarsissage – atterrissage, mais sur Mars – est prévu pour le 18 février 2021, vers environ 15 h 30, explique Mme Alibay. 

« On va atterrir dans un delta martien, qui est un ancien lac, avait-elle expliqué, mercredi matin, sur QUB radio. C’est un endroit sur Mars où on pense qu’il pourrait y avoir eu de la vie. »               

  • ÉCOUTEZ l’entrevue avec la Québécoise Farah Alibay sur QUB radio:    

 En attendant, elle et son équipe devront produire une batterie de tests pour se préparer à conduire le robot, à l’aide d’une réplique de Perseverance et d’un « Mars Yard », c’est-à-dire un champ de sable qui reproduit la surface de la planète.

« Ça va être les sept mois les plus longs et les plus occupés de ma vie ! [...] C’est une course contre Perseverance, parce qu’elle [est] en route vers Mars, et nous, il faut qu’on soit prêts quand elle arrive ! » souligne-t-elle, excitée. 

Farah Alibay, ingénieure en aérospatiale à la NASA au Jet Propulsion Laboratory (JPL), à Los Angeles.
Photo courtoisie NASA
Farah Alibay, ingénieure en aérospatiale à la NASA au Jet Propulsion Laboratory (JPL), à Los Angeles.

Faire preuve de persévérance

Pour l’ingénieure, participer à la mission constitue un rêve devenu réalité, elle qui se trouvait, émerveillée, aux premières loges lors du décollage de Curiosity en 2012, étant stagiaire au Jet Propulsion Laboratory de la NASA. 

« Mon bureau cet été-là était juste à côté de l’endroit où ils faisaient les tests, se rappelle-t-elle. Il y a 8 ans, c’était un rêve et je voyais tout ça des yeux d’une stagiaire. Maintenant, je fais partie de l’équipe qui va changer l’histoire, qui va changer notre compréhension de la planète. »

Jeune femme dans un milieu d’hommes, elle répète à qui veut l’entendre qu’il faut croire en soi et poursuivre ses rêves. 

« On a juste besoin d’un “oui”. Il va y avoir beaucoup de “non” [...] mais il faut juste une opportunité et un oui pour réaliser son rêve. Il ne faut pas perdre sa persévérance, parce que ça vaut toujours la peine d’essayer », conclut-elle.  

Qui est Farah Alibay ?  

Farah Alibay en plein travail lors de la mission InSight de la NASA au Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Los Angeles en 2018. Elle commandera Perseverance 2020 dans cette même salle.
Photo courtoisie NASA
  • Née à Montréal, elle a grandi à Joliette.       
  • À 13 ans, sa famille déménage en Angleterre pour le travail de son père. Il est ingénieur.       
  • Études en génie aérospatial à l’Université de Cambridge.      
  • Doctorat en ingénierie des systèmes à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT).      
  • Stagiaire au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA en 2012 lors du décollage du dernier rover nommé Curiosity.      
  • Travaille depuis 6 ans au JPL.      
  • A notamment travaillé sur la mission InSight, envoyée sur Mars en 2018, ainsi que sur la mission MaRCO, qui accompagnait InSight.             

– Avec Agence QMI