/misc
Navigation

Trump se sert de la violence des ghettos noirs

Trump se sert de la violence des ghettos noirs
Photo d'archives, AFP

Coup d'oeil sur cet article

La pandémie de coronavirus et les troubles raciaux qui perturbent les États-Unis ont engendré une extraordinaire hausse de la violence urbaine. Du jamais vu depuis les années 90. Sous la thématique «Law and Order», Trump utilise cette violence dans l’espoir qu’elle va assurer sa réélection.

La COVID-19 exacerbe les causes profondes de la violence dans ce pays où les armes à feu sont pratiquement en libre circulation. La crise sanitaire a aggravé les problèmes endémiques qui sous-tendent la violence armée des bandes de jeunes noirs des ghettos urbains: le racisme, la pauvreté, le chômage, la drogue, l’accessibilité des armes à feu et les familles monoparentales.

À Chicago, les homicides ont bondi de 39% au cours de la dernière semaine de juin et de la première semaine de juillet par rapport à l'an dernier. À Atlanta, à La Nouvelle-Orléans, à Washington, des enfants noirs ont été victimes de balles perdues dans des échanges de coups de feu entre bandes rivales. À New York, un bébé d'un an a été tué par balle dans sa poussette alors que sa famille pique-niquait dans un parc.

À New York, le taux d'homicides pour la première moitié de l'année est en hausse de 23% alors que les arrestations ont chuté de 62% par rapport à l'année dernière. Les arrestations pour possession d'armes à feu ont diminué de 67% alors les fusillades montent en flèche. Celles pour trafic ou possession de stupéfiants ont chuté de 85%. Les arrestations effectuées par l'unité antigang de la ville ont diminué de 90%.

Cet accroissement de la violence a suscité l’indignation des élus des quartiers pauvres qui accusent les policiers de passivité en représailles à l’hostilité de la population à leur endroit. Les services de police limiteraient leurs interventions en guise de réponse aux manifestations contre la brutalité policière et le racisme systémique qui ont éclaté après l’assassinat de George Floyd aux mains de la police de Minneapolis.

Les cadres supérieurs des polices municipales reconnaissent que les policiers sont réticents à procéder à des arrestations de crainte d’être l’objet de dénonciations de discrimination raciale et de faire face à des enquêtes disciplinaires. Un des responsables de la police de New York, Terence A. Monahan, a déclaré dans une interview à la radio que de nombreux agents craignent d'être arrêtés s'ils prennent des mesures «proactives» contre des criminels. Des policiers qui connaissent les quartiers chauds hésitent en effet à faire des contrôles d’individus soupçonnés de posséder une arme dissimulée, de crainte d’être accusés de profilage racial ou, pire, d’être impliqués dans une fusillade entraînant la mort du suspect.

De plus, la libération de milliers de détenus des prisons américaines surpeuplées pour contenir la propagation du coronavirus a contribué à aggraver le cycle de la violence par armes à feu en renvoyant ces criminels dans les rues. Parallèlement, un grand nombre d'enquêteurs spécialisés dans la répression des gangs de rue ont été réaffectés à des patrouilles de distanciation sociale ou redéployés pour le contrôle des manifestations antipolicières.

Le moral des agents de la paix est à son plus bas. À travers les États-Unis, des milliers de policiers ont décidé de prendre leur retraite ou de donner leur démission.

Ces conditions dramatiques ne peuvent qu’empirer d’ici les élections de novembre. La criminalité ne va certainement pas diminuer comme par magie. Et Trump, en déployant des agents fédéraux dans plusieurs grandes villes, envenime délibérément la situation. C’est ce qu’il recherche. Amener les électeurs, paniqués par la violence urbaine, à voter pour lui.