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Vive monsieur et madame Tout-le-Monde!

GEN-JOURNALISTES-TVA
Capture d'écran, TVA Nouvelles

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Décidément, nous traversons une bien étrange période.

Je ne parle pas de la COVID qui nous a propulsés du jour au lendemain dans un film de science-fiction de série B, mais du climat idéologique qui règne depuis quelques années.

  • Richard Martineau était à l'émission de Pierre Nantel sur QUB radio:

LES EXTRÊMES SE REJOIGNENT

On dirait que ça chire de tous bords, tous côtés.

À droite, du côté des libertariens, on voit des complots partout, on alimente la méfiance envers les institutions et les figures d’autorité, et on croit toutes sortes de niaiseries qui circulent sur le web.

Et à gauche, du côté des antifas, des adeptes de la théorie du genre et des antiracistes extrémistes, on dit que les sexes n’existent plus, que les communautés culturelles devraient rester chacune dans leur ghetto, que la présomption d’innocence devrait être jetée aux poubelles et que la police de la rectitude politique devrait « purger » les universités des « mauvaises pensées ». 

Et entre les deux, il y a monsieur et madame Tout-le-Monde, qui regardent ça et se disent : « Bout de viarge, qu’est-ce qu’il se passe ? Dans quel monde de fous vont grandir nos enfants ? »

À un bout du spectre, tout ce qui se situe à gauche de l’extrême droite est communiste.

Et à l’autre bout, tout ce qui se situe à droite de l’extrême gauche est fasciste.

Les extrêmes finissent toujours par se rejoindre, dit-on. 

C’est ainsi qu’on se retrouve avec un gros tas de coucous qui, d’un côté comme de l’autre, essaient d’abattre les piliers de la démocratie et tentent de découdre le tissu social. 

LA GUERRE AU GBS

Chaque fois que le découragement me prend, je pense à la phrase que Lucien Bouchard m’avait dite, un jour.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

« Quand j’étais premier ministre, que je prononçais des discours dans des lieux publics et que des représentants de lobbys ou de syndicats manifestaient, je pensais toujours aux millions de personnes qui, elles, ne manifestaient pas. Je les imaginais derrière le groupe qui clamait des slogans à deux pieds de moi. C’est à ces gens que je parlais, c’est à eux que je pensais... »

Ils ont l’air nombreux, les coucous. 

Quand on surfe sur les médias sociaux, on ne voit qu’eux, avec leurs théories bidon et leur rage purulente. 

Mais dans le fond, ils ne représentent qu’une infime minorité. 

Ils crient plus fort que les autres, c’est tout. Ils ont plus de temps libre pour publier leurs délires. 

Regardez les noms des gens qui publient ce genre de messages hystériques. Ce sont toujours les mêmes qui reviennent. 

LA MAJORITÉ

Comme monsieur Bouchard, ce n’est pas pour ces gens-là que j’écris. 

C’est pour les 90 % de Québécois qui croient encore au gros bon sens. 

Monsieur et madame Tout-le-Monde qui, oui, veulent améliorer le système (qui ne le veut pas ?), mais ne souhaitent pas le jeter à terre. 

Les gens qui ont encore les deux pieds sur le plancher des vaches. 

Ceux qui n’ont pas le temps de crier parce qu’ils travaillent. 

Qui ne croient pas que les politiciens sont tous pourris, que les scientifiques sont tous à la solde des grosses compagnies pharmaceutiques et que les intellectuels sont tous fous. 

Bref, les membres de ce qu’on appelait autrefois la majorité.