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WE Charity: le commissaire à l'éthique enquêtera aussi sur les frais de voyage du ministre Morneau

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Le commissaire à l’éthique a fait savoir, mercredi, qu’il élargissait la portée de son enquête sur l’affaire WE Charity, pendant que les partis d’opposition fourbissaient leurs armes à la veille du très attendu témoignage du premier ministre Justin Trudeau.

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Dans une lettre répondant à une requête du député néo-démocrate Charlie Angus, le commissaire Mario Dion a indiqué qu’il se penchait sur les frais de voyages du ministre des Finances Bill Morneau, épongés par l’organisation. Son bureau a déjà lancé une enquête sur la controverse, il y a quelques semaines.

Rappelons que M. Morneau a révélé avoir remboursé environ 41 000 $ quelques heures avant sa comparution devant le Comité permanent des finances. Il a fait valoir que le fait que les coûts aient été assumés par l’organisation, pour des frais associés à deux voyages de lui et de sa famille, n’avait rien d’intentionnel.

Conservateurs et bloquistes demandent la démission du ministre, de même que celle de M. Trudeau. D’ailleurs, les partis d’opposition ont envoyé le signal que le premier ministre avait besoin d’être convainquant à leurs yeux, dans son témoignage de jeudi, s’il souhaitait que leurs offensives à son endroit se calment.

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«J’espère que le premier ministre va finalement nous dire la vérité et toute la vérité», a lancé mercredi Pierre Poilievre, porte-parole conservateur en matière de finances.

Les conservateurs s’insurgent que d’autres dépenses remboursées par l’organisation WE Charity à des membres de la famille du premier ministre aient été «cachés», un mois après que la controverse ait éclaté. Ils ont donc réclamé, mercredi, une autre enquête du commissaire à l’éthique et aux conflits d’intérêts sur cet aspect.

Mardi, on apprenait durant le témoignage des frères Craig et Marc Kielburger, cofondateurs de WE Charity, que le frère du premier ministre, sa mère et sa femme ont touché des honoraires de plus de 200 000 $ en «frais directs», c’est-à-dire en frais de déplacement.

Cette somme s’ajoute aux quelque 350 000 $ en paiements qui avaient déjà été rapportés au cours des dernières semaines.

«Ce qu’il faudrait dans le témoignage de demain pour que le Bloc québécois change d’idée [est] une démonstration claire que les allégations ne sont pas fondées, a prévenu, de son côté, le chef bloquiste Yves-François Blanchet. Mais pour l’instant il y a des démonstrations assez convaincantes qu’il y a quelque chose [là].»

Ce dernier a dit s’attendre à un «mièvre charabia» du premier ministre, qui doit comparaître à 15 h devant le Comité permanent des finances.

Le temps prévu pour ce rare témoignage d’un premier ministre canadien en fonction est d’une heure, mais les conservateurs voudraient entendre M. Trudeau durant trois heures.

«Les libéraux essaient de limiter les questions des conservateurs à 11 minutes. Onze minutes, c’est rien, pour une affaire de 500 millions $, pour une affaire où sa famille a reçu de tels cadeaux», a pesté M. Poilievre.

Le Nouveau Parti démocratique, pour sa part, ne va pas jusqu’à exiger de démissions, mais le chef Jagmeet Singh a tout de même soutenu, mercredi, qu’il était «inacceptable» de constater que les libéraux «travaillent pour leurs amis proches».