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Afghanistan: la violence reste élevée, malgré les négociations de paix

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La violence en Afghanistan reste anormalement élevée, malgré les négociations de paix avec les talibans, selon un rapport officiel américain publié vendredi, qui note une forte hausse du nombre de victimes civiles au deuxième trimestre.

Selon le Bureau de l’inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Afghanistan (Sigar, qui dépend du Congrès), «les attaques initiées par l’ennemi sont restées bien supérieures à la moyenne historique» du 1er avril au 30 juin.

Les talibans n’ont mené aucune attaque contre les forces de la coalition internationale, mais ils ont attaqué l’armée afghane dans plusieurs régions, précise le Bureau de l’inspecteur général, qui n’a pas le droit de publier le nombre d'attaques talibanes depuis que les États-Unis ont signé, le 29 février à Doha, un accord avec les insurgés afghans.

Citant des données du gouvernement afghan, le rapport précise cependant que la semaine du 14 au 21 juin a été «la plus meurtrière depuis 19 ans», avec 422 attaques contre l’armée afghane dans 32 provinces ayant fait 291 morts et 550 blessés.

Les civils n’ont pas été épargnés. Selon les chiffres de la coalition, avec 711 morts et 1374 blessés, le nombre de victimes civiles a augmenté de près de 60% au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents et de 18% par rapport à la même période il y a un an.

Le rapport cite un document du Pentagone qui estime que «les talibans calibrent leur usage de la violence de façon à harceler et à affaiblir l’armée et le gouvernement afghans, mais restent à un niveau qu’ils considèrent comme conforme à l’accord avec les États-Unis, probablement pour encourager un retrait américain et créer des conditions qui leur soient» favorables après ce retrait.

L’accord entre les États-Unis et les talibans prévoit le retrait des troupes étrangères d’Afghanistan d’ici mai 2021 en échange notamment de garanties sécuritaires de la part des insurgés et de l’ouverture de négociations de paix avec Kaboul, qui paraissent sur le point de pouvoir commencer, dès la semaine prochaine.

Les États-Unis ont déjà ramené leurs effectifs de 12 000 à 8600 soldats et retiré totalement leurs forces de cinq bases militaires dans le pays. 

Les États-Unis, qui veulent mettre un terme à la guerre la plus longue de leur histoire, sont arrivés en Afghanistan à la tête d’une coalition internationale fin 2001, après les attentats du 11 septembre 2001 sur leur sol. Ils y ont chassé les talibans du pouvoir, mais n’ont ensuite jamais réussi à les vaincre sur le terrain.

Après plus de 18 ans de conflit, le président Donald Trump ne cesse de répéter qu’il veut rapatrier au plus vite l’ensemble des troupes américaines.