/world/pacificasia
Navigation

Arrestations à Hong Kong: des militants prodémocratie dénoncent la «terreur» politique

Coup d'oeil sur cet article

HONG KONG | Hong Kong est entré dans une ère de terreur politique, ont dénoncé jeudi des militants prodémocratie après l’arrestation de quatre étudiants, dont un âgé de 16 ans, pour des publications accusées de menacer la sécurité nationale chinoise. 

Ces interpellations ont été les premières réalisées par une nouvelle unité de la police hongkongaise créée pour veiller au respect de la loi très controversée sur la sécurité nationale imposée par Pékin fin juin.

  • Écoutez l'entrevue du chroniqueur de politique américaine Loïc Tassé avec Vincent Dessureault à QUB Radio:

Pour beaucoup d’activistes hongkongais, ces arrestations montrent que leurs craintes étaient fondées à l’égard de cette loi, considérée par certains comme le dernier clou dans le cercueil de la semi-autonomie locale.

En vertu du principe «Un pays, deux systèmes» qui avait présidé à la rétrocession en 1997, l’ex-colonie britannique est censée jouir jusqu’en 2047 de libertés inconnues en Chine. Mais beaucoup considèrent que Pékin est en train d’avancer l’échéance.

Les quatre étudiants arrêtés étaient d’anciens membres de Student Localism, une organisation prônant l’indépendance qui avait annoncé sa dissolution à la veille de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la sécurité.

Faire taire les dissidents

La police a indiqué que les quatre jeunes gens — trois hommes et une femme, âgés de 16 à 21 ans — étaient soupçonnés d’«organisation et d’incitation à la sécession», au travers de propos tenus sur les réseaux sociaux après l’entrée en vigueur de la loi.

«Ils voulaient unifier tous les groupes indépendantistes de Hong Kong dans l’objectif de promouvoir la cause de l’indépendance», a déclaré aux journalistes Li Kwai-wah, de la nouvelle unité de sécurité nationale créée au sein de la police hongkongaise.

Des images postées en ligne montraient des policiers en civil emmenant Tony Chung, 19 ans, ancien chef de file de Student Localism.

«Hong Kong est tombée dans une ère de Terreur blanche», ont dénoncé dans la nuit les Student Unions of Higher Institutions, qui chapeautent 13 syndicats étudiants.

«Il est clair que de plus en plus de Hongkongais auront à endurer (...) la terreur communiste.»

Nathan Law, une des figures du camp prodémocratie, qui a pris le chemin de l’exil quand la loi est entrée en vigueur, a également dénoncé ces arrestations sur Twitter.

«La Terreur blanche, la politique de la peur sont à l’œuvre à Hong Kong», a-t-il dit. L’expression «Terreur blanche» renvoie en Chine aux périodes de répression politique.

«La police rappelle à la population qu’Internet n’est pas un espace virtuel au-dessus des lois», a indiqué dans la nuit la police dans un communiqué.

«Quiconque commet un acte illégal, que ce soit dans le monde réel ou sur Internet, s’expose à des poursuites.»

La mauvaise utilisation «de cette loi draconienne montre clairement que l’objectif est de réduire au silence la dissidence, et non de protéger la sécurité nationale», a réagi Sophie Richardson, directrice de recherche sur la Chine à Human Rights Watch.

La loi sur la sécurité nationale a été une réponse de la Chine à la plus grave crise politique que Hong Kong ait connue. La ville a l’an passé été le théâtre pendant des mois de manifestations quasi quotidiennes, et souvent violentes, contre les ingérences de la Chine dans les affaires hongkongaises.

Pékin avait expliqué que ce texte était nécessaire pour restaurer l’ordre et agirait comme une épée de Damoclès au-dessus des personnes enfreignant la loi.

La loi sanctionne «la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères». 

Au moins 15 personnes ont été arrêtées en vertu de cette loi depuis son adoption le 30 juin.