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Bienvenue à Santa Banana

CANADA-BUDGET/
REUTERS

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Prenez un de ces pays qu’on appelle typiquement une république de bananes.

Dans ce genre de pays, le chef de l’État fait ce qu’il veut.

Il place des membres de sa famille à des postes importants même s’ils n’ont aucune compétence évidente.

Il nomme qui il veut, congédie qui il veut, donne de l’argent à qui il veut, reçoit des cadeaux somptueux, etc.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal, à QUB Radio:

Royauté

Il le fait en toute impunité, sans rendre de comptes, sans subir de conséquences, en se foutant éperdument de ce que pensent ceux d’en bas.

Le potentat ne fait pas de différence entre les coffres de l’État et les siens.

Le potentat considère que le pays est un terrain de jeu qui lui appartient.

Le scandale est permanent, sauf que ce n’est pas un scandale aux yeux du potentat et de sa cour, qui estiment qu’ils y ont droit... parce qu’ils font le droit.

Généralement, cela dure jusqu’à la chute du potentat.

À l’inverse, dans les régimes authentiquement démocratiques, quand un scandale prend une trop grande ampleur, les responsables sont contraints de démissionner.

Il y a des conséquences, il y a un prix à payer pour la turpitude.

À l’évidence, le Canada est un pays démocratique, sérieux, assez en tout cas pour se trouver très bon et se donner en exemple de vertu à travers le monde.

Rien ne serait plus éloigné de la vérité que d’associer le Canada à une république de bananes, n’est-ce pas ?

Comme dirait l’autre, c’est encore drôle...

Justin Trudeau faisait de la planche à neige à Whistler et donnait des cours de théâtre au secondaire.

Il est catapulté premier ministre uniquement parce qu’il s’appelle Trudeau, plutôt que Tremblay ou Trépanier.

Ses compétences pour la fonction ? Il ne connaît même pas le sens du mot.

Sa famille profite des largesses offertes par tous les courtisans du régime qui veulent être bien vus de lui, comme les frères Kielburger ou l’Aga Khan.

Les premiers paient sa famille, le second lui prête son île privée pour des petites vacances familiales.

Le numéro deux du régime, Bill Morneau, fait des voyages sans le moindre rapport avec sa fonction et payés pour moitié par l’organisme où ont travaillé ses enfants.

Et tout ce beau monde semble considérer que cela leur est dû tout naturellement.

Ils sont presque indignés qu’on ose les interroger.

Les frères Kielburger se posent en victimes et blâment les méchants médias.

Justin nous dit : que voulez-vous, j’ai la cause des jeunes tellement à cœur que je ne me suis pas aperçu que WE Charity payait ma famille.

Morneau, lui, a sorti son chéquier personnel.

Démission

Justin Trudeau sera interrogé aujourd’hui par les députés.

Il va sans doute s’excuser et peut-être verser une petite larme.

Dans les républiques de bananes, quand il faut un bouc émissaire, on jette un insignifiant sous les roues de l’autobus, jamais les vrais responsables.

Si Trudeau ou Morneau sauvent leurs têtes après ça, cela voudra dire qu’entre le Canada et Santa Banana, il n’y a finalement pas tellement de différence.