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La Caisse mise 5M$ de plus dans une firme liée au clan Desmarais

Elle a investi plus de 19 millions $ dans Dialogue, une entreprise de médecine privée

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La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) investit 5 millions $ de plus dans une firme de télémédecine détenue en partie par Paul Desmarais III et dont l’un des actionnaires a vu son adresse citée dans les Offshore Leaks.

« Cet investissement démontre une fois de plus la complaisance de nos institutions publiques envers les paradis fiscaux », a déploré au Journal Alain Deneault, auteur de Paradis fiscaux : la filière canadienne

Hier, la compagnie d’assurance torontoise Sun Life a annoncé « un partenariat commercial stratégique et un placement en actions de 32,7 millions $ dans Dialogue », dont 5 millions $ proviennent de la Caisse de dépôt. Portag3 Ventures, White Star Capital, HV Holtzbrinck Ventures, First Ascent Ventures et Walter Ventures figurent également parmi les investisseurs. Avec ce nouveau 5 millions $, l’investissement du bas de laine des Québécois dans la firme de soins virtuels s’élève maintenant à plus de 19 millions $. Rappelons qu’Investissement Québec (IQ) lui a aussi déjà accordé un prêt de 2 millions $.  Dialogue fait du lobbying auprès de dizaines de ministères et organismes pour offrir ses services et peut aussi compter sur des lobbyistes comme la fille de l’ex-premier ministre Jean Charest, Alexandra Dionne-Charest, de la firme Teneo. 

Paradis fiscaux 

Fondée en 2016, la firme de télémédecine Dialogue compte entre 100 et 249 employés, selon le Registre des entreprises. Elle a comme premier actionnaire (minoritaire) la torontoise Diagram Ventures Limited Partnership, de Diagram, cofondée et présidée par Paul Desmarais III, premier vice-président de Power Corporation.

La clinique virtuelle de Dialogue est composée de médecins, d’infirmiers et d’infirmières, de psychologues, de psychothérapeutes et de nutritionnistes « qui souhaitent tous complémenter le système de santé canadien », lit-on sur son site web.
Capture d'écran tirée du site web
La clinique virtuelle de Dialogue est composée de médecins, d’infirmiers et d’infirmières, de psychologues, de psychothérapeutes et de nutritionnistes « qui souhaitent tous complémenter le système de santé canadien », lit-on sur son site web.

Son deuxième actionnaire est WSC IV, LP, autrefois basé dans le paradis fiscal de Guernesey et aujourd’hui établi à Londres. 

Son troisième, HV Holtzbrinck Ventures Fund VI SCS, est situé au Luxembourg. Son adresse apparaît dans les Offshore Leaks, une série de fuites d’informations relatives aux paradis fiscaux relayée par le Consortium international des journalistes d’investigation.

Incorporée au Québec 

Quand Le Journal a demandé à la Caisse pourquoi elle continue d’injecter de l’argent dans une firme dont on connaît les liens avec les paradis fiscaux, elle s’est défendue en soulignant qu’au contraire, Dialogue paye l’ensemble de ses impôts ici.

« À la fois dans cette ronde de financement et dans la ronde précédente, la Caisse a réalisé son investissement de manière directe dans Dialogue, une entreprise incorporée au Québec et qui paie l’ensemble de ses taxes et ses impôts ici au Québec », a précisé par courriel son porte-parole Serge Vallières. Dialogue n’a pas donné suite hier à nos demandes d’entrevue avec son président. 

–Avec la collaboration de Marie Christine Trottier