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Martin Drainville: souvenirs de «Moi et l’autre»

Martin Drainville incarnait Gustave dans la version des années 1990 de «Moi et l'autre».
PHOTO COURTOISIE, Groupe Avanti Martin Drainville incarnait Gustave dans la version des années 1990 de «Moi et l'autre».

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MONTRÉAL | En 1995, un jeune Martin Drainville, dont la carrière était en pleine ascension, héritait de l’amusant rôle du naïf Gustave Landreville dans Moi et l’autre.

D’abord présentée de 1966 à 1971, à Radio-Canada, la comédie articulée autour du légendaire duo Denise Filiatrault – Dominique Michel renaissait 30 ans plus tard à la même antenne, dans une version moderne et actualisée, réunissant des protagonistes de la première mouture (dont Jean-Paul Lavigueur, interprété par feu Roger Joubert).

Réal Béland (père) alors décédé, son personnage du concierge Gustave avait été éliminé pour faire place à un autre Gustave, qu’on présentait comme son fils. Après Super sans plomb, Samedi P.M. et le film Louis 19, Martin Drainville démontrait une fois de plus son grand talent comique.

Martin Drainville incarnait Gustave dans la version des années 1990 de «Moi et l'autre».
PHOTO COURTOISIE, Groupe Avanti

Le comédien se remémore ici quelques bons souvenirs de Moi et l’autre, qu’ICI ARTV rediffuse présentement le mercredi, à 19h et 19h30.

Une équipe soudée

«Ç’a été la première fois que j’ai travaillé avec Denise Filiatrault et Dominique Michel. Il y avait aussi (le producteur) Jean Bissonnette, dans ce projet. Ce sont des gens qui en avaient vu d’autres. J’avais une super entente avec Roger Joubert, qui était très généreux. Ils m’ont tous accueilli très gentiment, parce que, moi, je ne faisais pas partie de la "gang" initiale. Eux avaient tout vécu ensemble auparavant. Je me suis fait raconter des histoires qu’ils avaient vécues, à une époque un peu révolue, à l’ère des cabarets...Ils me parlaient beaucoup de Réal Béland, qui jouait mon rôle à l’origine. Ils m’avaient raconté sa superstition de jouer toujours dans les mêmes souliers sur le plateau.»

Martin Drainville incarnait Gustave dans la version des années 1990 de «Moi et l'autre».
PHOTO COURTOISIE, Groupe Avanti

Des cheveux frisés

«Puisque j’incarnais le fils de Réal Béland, on m’avait créé un look qui rendait crédible le fait que je joue son fils. J’avais les cheveux frisés. C’était beaucoup de travail chaque semaine de me les friser. Ce que vous voyez à la télé, ce n’est pas une perruque! (rires) C’est moi qui voulais ça, parce qu’une perruque, pour les gars, il faut qu’elle soit bien faite! Tu peux "mourir au combat", avec une mauvaise perruque. Je pense que ça valait le coup, pour se rapprocher du vrai Gustave.»

Cochez oui, cochez non

«On tournait le soir du référendum de 1995. On tournait avec Roger D. Landry, qui était un fédéraliste convaincu. Et il y avait beaucoup de souverainistes avoués dans notre camp! C’était extraordinaire à quel point on ne parlait pas de ça. Ça n’existait pas! Puis, une fois la journée terminée, on s’est tous précipités devant nos télés pour voir le résultat! Je me rappelle de cette fois où, par respect mutuel, on s’était privés de parler de politique pour ne pas envenimer les discussions.»

Martin Drainville incarnait Gustave dans la version des années 1990 de «Moi et l'autre».
PHOTO COURTOISIE, Groupe Avanti

Avec des gants

«Denise Filiatrault nous dirigeait beaucoup dans Moi et l’autre... avec toute la réputation qui la précède (rires). Mais, pour moi, ç’a été super. Qu’est-ce que tu veux, elle m’aimait ! (rires) Denise, tu ne te demandes jamais si elle est contente ou pas ; tu le sais ! (rires) Elle dit les choses au fur et à mesure, et tu finis par comprendre que, si elle l’a dit, c’est pour sauver ta peau. Elle ne prend pas des gants hyper blancs, mais elle a toujours des gants (rires). Elle est très généreuse, elle ne veut pas que les gens aient l’air fou et se ridiculisent. Une fois que tu comprends ça, tu acceptes les petits coins moins sablés et plus carrés. J’aime beaucoup Denise, et elle le sait.»

Une grande sensible

«J’ai souvent vu Denise Filiatrault créer des personnages exprès pour des collègues comédiens qui n’avaient pas beaucoup de travail. Je pense, entre autres, à Paul Berval, qu’elle aimait donc, et qui lui avait beaucoup appris. Je sentais une reconnaissance de sa part envers Monsieur Berval. Il travaillait moins à ce moment-là, et elle lui avait écrit un rôle.»