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Un désir d’apprendre

Joël Bouchard prédit toujours un très bel avenir à Jesperi Kotkaniemi avec le CH

Lightning c. Canadiens
Photo Martin Chevalier Jesperi Kotkaniemi bataillait avec Anthony Cirelli du Lightning pour l’obtention de la rondelle lors d’un match présenté au début du mois de janvier dernier au Centre Bell.

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TORONTO | Mike Sullivan, l’entraîneur en chef des Penguins de Pittsburgh, a comparé l’expérience à un professeur. À ses yeux, l’expérience t’enseigne des leçons de la vie dans la gloire ou dans les échecs.

Les paroles de Sullivan peuvent s’appliquer à Jesperi Kotkaniemi. À 20 ans seulement et à sa deuxième saison dans la LNH, Kotkaniemi a déjà suivi des cours importants. Il a connu le bonheur d’atteindre la LNH à l’âge précoce de 18 ans, mais aussi la douleur d’un renvoi dans la Ligue américaine à sa deuxième campagne.

Joël Bouchard aime aussi dire qu’il n’y a pas de « Harvard du hockey.» On apprend à devenir un bon joueur avec le vécu, avec le bagage d’expérience.

Samedi soir, Kotkaniemi revêtira l’uniforme du Canadien pour le premier match du tour de qualification face aux Penguins de Pittsburgh. Il sera le troisième centre de l’équipe avec Paul Byron et Artturi Lehkonen à ses côtés. 

Si le défi reste grand pour le Finlandais, Bouchard croit que son ancien protégé avec le Rocket de Laval sera à la hauteur.

« Comme tout le monde, j’ai trouvé qu’il a bien joué contre les Maple Leafs, a dit Bouchard lors d’une entrevue téléphonique au Journal. J’ai trouvé qu’il était rapide et qu’il était intense. KK est encore un jeune joueur. Il ne faut jamais oublier ça. Oui, il est un troisième choix au total et il y a des attentes. Quand je regardais ses présences, je remarquais son implication et son désir de faire une différence. Ce n’était rien de parfait, mais c’était encourageant. 

« Le Canadien misera sur Suzuki et Kotkaniemi à la position de centre contre les Penguins. Claude [Julien] n’aura pas souvent le dernier changement. Il y a des présences où KK se retrouvera contre un Crosby ou un Malkin. Il apprendra de cette expérience, c’est juste du positif. »

Une bonne attitude

Auteur de seulement 8 points (6 buts, 2 passes) en 36 matchs avec le CH, Kotkaniemi avait pris la route du Rocket le 1er février dernier. Bouchard se souvient parfaitement de cette journée.

« Il n’est pas arrivé à Laval avec la langue à terre et il n’était pas au-dessus de ses affaires. Quand tu retournes un jeune prometteur dans la Ligue américaine, c’est parfois difficile pour l’ego. Ils ont le sentiment que c’est un échec, qu’ils ont manqué leur coup. Ce n’était pas le cas avec KK. Il avait la bonne attitude. 

« Il est débarqué avec des joueurs un peu plus de son groupe d’âge et il ne jouait pas à la vedette, a raconté le coloré entraîneur en chef du Rocket. Il était juste content d’être là. Avec le Canadien, il était plus caché derrière les vétérans et les joueurs établis. Avec le Rocket, ça devenait plus son équipe, il pouvait transporter l’équipe. »

Une vision à long terme

Kotkaniemi n’a pas boudé à ses premiers jours avec le Rocket. Loin de là.

« Son moral était parfait. Jesperi était même content d’arriver à Laval, a dit Bouchard. C’est un petit gars intelligent, il n’est pas un nono. Il savait que ça représentait une bonne chose pour son développement. Cale Fleury venait de retourner avec le Rocket depuis quelques jours seulement. KK et Cale sont de bons amis. Cale m’avait aussi dit que KK était heureux de se retrouver avec le Rocket. 

« Il y a parfois des jeunes qui regardent juste le présent, mais dans le cas de Jesperi, il gardait une vision à long terme, a-t-il poursuivi. À son arrivée, je me suis assis avec lui et nous avons jasé pendant une heure. Il voyait que son jeu n’était pas au niveau qu’il le souhaitait, mais qu’il avait besoin de jouer pour rebâtir sa confiance. 

« Claude le dit toujours. La LNH est une ligue de performance, pas de développement. Avec moi, il a retrouvé une ligue de développement. Il est venu rechercher les minutes qu’il avait besoin pour s’améliorer. Et à Montréal, Claude ne pouvait pas lui offrir la même chose. »

Potentiel inexploré

Dans un échantillon assez bref, Kotkaniemi a regagné sa confiance avec le Rocket, obtenant 13 points (1 but, 12 passes) en 13 matchs. Il s’était blessé à la rate le 6 mars quelques jours seulement avant l’interruption de la saison dans la Ligue américaine en raison de la pandémie de la COVID-19.

« KK a fait des choses sur la glace, dans un match ou un entraînement, qu’aucun joueur du Rocket n’a pu faire en deux ans, a rappelé Bouchard. Je parle du côté des habiletés. »

Pour Bouchard, la patience restera l’arme clé avec Kotkaniemi. Il ne faut pas oublier qu’il vient tout juste de célébrer ses 20 ans (6 juillet).

« Je crois toujours en son potentiel. Je ne le vois pas juste comme un bon joueur dans la LNH, mais un possible très bon joueur. Il a un potentiel, ça ne fait aucun doute. Ce qui est le fun avec KK, c’est qu’on ne connaît pas encore son plafond. C’est encore trop tôt. Il a vraiment de belles habiletés, mais il reste encore aussi du travail à faire. »