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UNIS (WE Charity): avantage Justin Trudeau!

UNIS (WE Charity): avantage Justin Trudeau!
Photo AFP

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Les parlementaires interrogeront aujourd’hui Justin Trudeau relativement à l’affaire UNIS (WE Charity). Mais ne retenez pas votre souffle, le premier ministre ne risque pas grand-chose...

L’art de parler sans rien dire

Êtes-vous de celles et ceux qui ont écouté, vers 11h le matin généralement, les conférences de presse du premier ministre Justin Trudeau en temps de pandémie? Si c’est le cas, vous aurez remarqué aisément que ce politicien est passé maître dans l’art de pérorer, de parler à rallonge tout en ne disant finalement pas grand-chose.

  • Écoutez l'entrevue de Steve E.Fortin avec Vincent Dessureault à QUB Radio:

«Nous continuons de travailler afin d’améliorer... Nous réfléchissons à comment nous pourrons continuer de travailler à améliorer...»

Je me souviens particulièrement de la conférence de presse du 26 mai où le premier ministre du Canada était questionné sur les demandeurs du statut de réfugié qui travaillent dans les CHSLD et sur la possibilité que leurs demandes de citoyenneté soient traitées plus rapidement par Québec. Les journalistes Mélanie Marquis et Hélène Buzetti ont eu beau demander des informations précises au premier ministre, ses réponses ont été vagues et peu pertinentes. À partir de 14 min 30 s.

Quotidiennement, le premier ministre s’est installé au lutrin devant sa résidence et a ainsi répondu, le plus souvent par des formules vagues et évasives, aux questions qui lui étaient posées.

Rien n’indique que Justin Trudeau se présentera devant les parlementaires aujourd’hui en changeant du tout au tout sa méthode. Une toute petite heure à passer, un 30 juillet, alors que la majorité de la population a les yeux rivés bien loin de la politique. Une toute petite heure à sortir la cassette et pérorer sans se mettre dans le trouble.

Justin Trudeau est tout à fait capable d’y arriver. Ça me surprendrait beaucoup qu’on réussisse à le mettre en boîte aujourd’hui. Est-ce à dire que ce scandale n’affectera pas son parti, sa propre popularité? Non. Mais tout ça ne se déroulera pas aujourd’hui.

Jusqu’ici, tout va bien...

Pour le moment, le Parti libéral n’est pas trop inquiété par le scandale WE Charity. Comme le rapporte Éric Grenier, de CBC, dans l’éventualité où l’opposition ferait tomber le gouvernement au nom de ce scandale, c’est encore le PLC de Justin Trudeau qui serait favori pour remporter l’élection.

Comme la plupart de ses collègues les premiers ministres provinciaux du Canada, Justin Trudeau a vu sa cote de popularité augmenter au cours de la pandémie. Cela lui confère un avantage que ce scandale n’a pas complètement entamé.

Mais surtout, Justin Trudeau profite du fait que son adversaire principal, le Parti conservateur, ne réussisse pas à tirer des gains de la déveine du premier ministre. Grenier explique que, depuis les excuses que le premier ministre Trudeau a faites le 13 juillet dernier à la suite du scandale UNIS, quatre différentes firmes ont sondé la population canadienne pour constater chaque fois que, si l’appui aux libéraux avait chuté, ce n'était pas assez pour mettre le PLC dans le pétrin.

Du moins, pas pour le moment

Mais surtout, quand on a sondé la population sur l’importance accordée à ce scandale, une minorité seulement y a vu matière à sanctionner fermement le gouvernement. Et le plus souvent, on s’y attendait, du côté des partisans des conservateurs.

Le Parti libéral conserve une certaine marge de manœuvre. Éric Grenier:

«En raison du capital politique que les libéraux ont accumulé grâce à leur gestion de la COVID-19, le parti risque bien de traverser cette tempête. Alors que les conservateurs stagnent, la base libérale est suffisante pour remporter une élection. Les appuis qu'ils ont engrangés au cours des derniers mois – ceux qu'ils n'ont pas perdus au cours des dernières semaines à cause de la controverse WE Charity – leur donnent une certaine marge de manœuvre.»

Les stratèges libéraux le savent mieux que quiconque. Bien entendu, ce témoignage de Trudeau devant les parlementaires n’est pas sans risques, mais il est indéniable que le premier ministre se présente devant ses pairs en situation plutôt favorable.

Une toute petite heure à passer, à pérorer sans se mettre en danger...