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Port de Montréal: des conséquences économiques ne sauraient tarder

Le Port de Montréal est «la ligne de vie commerciale du Québec et du Canada», explique un expert

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Photo Agence QMI, Joel Lemay Dans des conflits similaires, aux ports de Los Angeles et de Vancouver, il aura suffi d’une semaine avant que la population commence à percevoir les effets. Ici, des grévistes, à Montréal.

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Si la plupart des Québécois n’ont pas encore ressenti les contrecoups de la grève des débardeurs qui paralyse le Port de Montréal depuis le début de la semaine, cela ne saurait tarder, préviennent des spécialistes.

« Il s’agit d’une infrastructure trop importante pour que cela passe inaperçu, et ce bien au-delà de Montréal, soutient sans hésiter Claude Comtois, expert des questions de transport maritime à l’Université de Montréal. Peu le savent, mais ce port ne constitue rien de moins que la ligne de vie commerciale du Québec et du Canada ».

40 millions de tonnes

Long de 26 kilomètres sur les rives du fleuve Saint-Laurent, le Port de Montréal accueille d’ordinaire 5 à 7 navires par jour, ou jusqu’à 2000 navires par an. 

Son trafic de 40 millions de tonnes manutentionnées par an en fait le port le plus achalandé de l’est du Canada et une plaque tournante majeure du transport de marchandises en Amérique du Nord.

Différentes organisations patronales ont pris la parole hier pour rappeler son importance : 90 % de tous les importateurs et exportateurs du Québec et de l’Ontario utilisent le port. 

Si bien que 2500 camions de partout (Canada et États-Unis) entrent ou en sortent quotidiennement. 

« En plus des camions, il faut ajouter les trains, insiste le professeur Comtois. De 60 à 80 convois ferroviaires en ressortent chaque semaine, dont certains d’une longueur de 3 km ! »

Une semaine suffit

Dans ce contexte, chaque jour de conflit nous approche du moment où des produits viendront à manquer dans les commerces. 

Et l’entrée en grève d’un nouveau groupe d’employés, aujourd’hui, ne fera rien pour aider. 

Selon le professeur Jacques Roy, spécialiste de logistique à HEC Montréal, il ne fait aucun doute que cette grève ne saurait tarder à se faire sentir par la population. 

« À Los Angeles et Vancouver, qui ont connu de tels conflits, les effets ont commencé à se faire sentir après une semaine. La même chose pourrait se produire ici. »

Des coûts à rebours

À l’administration portuaire de Montréal, on jure ne pas subir d’impacts financiers directs du conflit. Son coût en serait davantage un de réputation. 

Cette semaine, confirme sa porte-parole, au moins sept navires-clients du port ont vu leurs activités affectées par le conflit.

Dans de pareilles situations, les navires ont tendance à transiter vers des ports concurrents, comme Halifax ou New York, explique le professeur Roy. 

Le hic, c’est qu’une fois qu’ils en ont fait l’essai, certains finissent par les adopter. C’est à ce moment, observe-t-il, souvent des semaines plus tard, qu’un port finira par mesurer les conséquences.

Le Port de Montréal en bref 

Emplois : 19 000 emplois directs, indirects et induits

Étendue : 26 km linéaires de rivage

Volume transité : 40 millions de tonnes/année

Valeur des marchandises : 40 milliards $/année

Retombées économiques au pays : 2,6 milliards $/année

Source : Administration portuaire de Montréal et Université de Montréal