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À vos marques...

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Pas de spectateurs, de beaux décors, mais une atmosphère qui ne reflète en aucun moment l’essence même du sport. Il faut tout réinventer.

La routine quotidienne a été mise sur la touche. Il faut s’habituer maintenant à de nouvelles règles. On a créé deux villages d’athlètes et de représentants de chacune des 24 équipes. Un peu comme aux Jeux olympiques.

Cependant, on n’a pas le droit à des sorties. On est en confinement le plus complet, habitant un village parfaitement adapté pour respecter la consigne des responsables de la santé.

Qu’est-ce que ça va donner comme spectacle ?

On l’ignore.

Habituellement, dans le cadre du grand tournoi menant à la coupe Stanley, on vit un engouement particulier dans les 16 villes qualifiées pour le championnat.

Les gens sont fébriles, anxieux de voir comment s’en sortira leur équipe préférée. Les amphithéâtres sont remplis à craquer, les joueurs sont transportés par l’enthousiasme des amateurs... et les matchs sont disputés avec une grande intensité.

Aujourd’hui, on amorcera la première étape du tournoi.

De la musique...

Sans amateurs dans les gradins. Que de la musique pendant les arrêts de jeu. Cependant, si vous prêtez une oreille attentive, vous entendrez ce que, habituellement, les bruits de la foule enterrent, c’est-à-dire les propos des joueurs à l’endroit de leurs adversaires ou encore à l’endroit de leurs coéquipiers. Pas besoin de faire une traduction. 

Les joueurs parviendront-ils à jouer avec autant d’intensité ?  

Les matchs préparatoires ont permis aux patineurs de se familiariser avec de nouvelles conditions de travail. Or, ce qu’on a vu jusqu’ici, ce n’était pas tellement convaincant.  

Si les séries éliminatoires soulèvent les passions, si elles sont captivantes, c’est parce que l’on vit un événement à l’intérieur d’un match de hockey, un événement qui, dans une certaine mesure, influence le comportement des athlètes. Cet événement est créé par les amateurs, les organisateurs, les athlètes, l’enjeu de la compétition.

La question : les joueurs sauront-ils s’adapter à une nouvelle réalité ? Compétitionneront-ils au même niveau que dans des conditions normales ? C’est à voir.

Cependant, force est d’admettre que la Ligue nationale de hockey a réussi un véritable tour de force. Je ne suis toujours pas d’accord avec la décision de la ligue d’ajouter, dans le cadre d’un mini tournoi, des équipes qui n’avaient pas franchi le fil d’arrivée avec suffisamment de points au classement pour obtenir une qualification automatique.

Réaliser l’impensable

Mais, comme il faut limiter les dégâts, comme il faut amenuiser le déficit, la formule n’est pas sans provoquer un certain intérêt. Et cette série entre le Canadien et les Penguins retiendra l’attention même si jamais on vivait une autre canicule.

Claude Julien a été très clair dans ses propos : « Pour battre les Penguins, il faudra jouer au-dessus de nos têtes. » Propos tenus après le match préparatoire contre les Maple Leafs de Toronto. Il n’a pas apprécié ce qu’il a vu. Il y a eu quelques points positifs, mais ses meilleurs effectifs, ceux qui doivent faire la différence, n’ont pas compétitionné au même niveau que les leaders des Leafs.

Jouer au-dessus de nos têtes signifie un effort collectif qui sèmera le doute chez l’adversaire. Les Penguins sont plus talentueux, plus expérimentés, cependant tout peut survenir dans une courte série. Auriez-vous parié sur les chances des Blue Jackets de Columbus face au Lightning de Tampa, en avril 2019 ? Auriez-vous parié sur les Islanders face aux Penguins ?

Lors de ces deux séries, les joueurs des Blue Jackets et des Islanders ont joué au-dessus de leur tête. Ils ont puisé dans leurs ressources et ils ont découvert qu’ils pouvaient en soutirer des dividendes qu’on n’avait jamais pensé découvrir.

En d’autres mots, penser qu’on peut parfois réaliser l’impensable.

Est-ce que ce sera suffisant ?