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Le Canadien en séries: de la ténacité et de la chance

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Photo AFP Paul Byron qui a marqué mardi contre les Leafs mérite plus de temps de glace.

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Le Canadien a utilisé son Mulligan, mardi dernier, face aux Leafs. C’était le moment pour le faire, car à partir de ce soir, le Tricolore jouera pour vrai contre les Penguins. Prêt, pas prêt, plus aucune excuse ne tient.

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Les victoires et les défaites seront comptabilisées. L’équipe qui remportera trois matchs accédera au premier tour des séries. Les perdants retomberont en vacances.

Rares sont ceux qui croient que la troupe de Claude Julien va surprendre la bande de Sidney Crosby. Je suis de ceux-là.

Après la défaite aux mains des Leafs, les non-croyants ont dit en chœur avoir revu la même équipe qu’en mars dernier.

Faible marge de manœuvre

Julien n’a pas joué les faux-fuyants non plus lorsqu’il a répondu aux questions des journalistes par visioconférence, hier.

« Va falloir bien jouer en équipe, a-t-il dit.

« On n’aura pas le choix. On n’aura pas beaucoup de marge de manœuvre. C’est la façon dont il nous faudra aborder les séries. »

Ça a le mérite d’être clair.

Pour ce qui est de la motivation, Julien s’en remet à la force de caractère de ses hommes.

« Il faut avoir confiance, a-t-il affirmé.

« Si tu y crois, c’est déjà un acquis très important. »

Une question de détermination

Julien ne pense pas qu’il lui faille convaincre ses joueurs.

« On a bien joué contre les Penguins en saison régulière, a-t-il rappelé.

« Ce n’est pas une question de confiance, mais de détermination. »

Les joueurs vous diront que le cran et le courage sont les facteurs qui font la différence dans les séries. 

Le Canadien était loin de former la meilleure équipe de la Ligue nationale lors de ses deux dernières conquêtes de la coupe Stanley, en 1986 et en 1993.

Quelqu’un pour brasser la cage

Loin de moi l’idée de comparer la formation actuelle à ces deux équipes que l’on qualifiait pourtant de faibles, rappelons-nous.

Mais j’aurais aimé que Shea Weber, dans son rôle de capitaine, fasse montre de mordant quand mon collègue Jean-François Chaumont lui a demandé hier s’il prévoyait faire quelque chose de particulier pour stimuler ses coéquipiers à l’approche du premier match.

« Ça doit se faire naturellement, a-t-il expliqué.

« Je ne pense pas que ça doit être préparé. »

Peut-être, mais le hockey étant un sport d’émotion, c’est bon de brasser la cage parfois.

Après que le Canadien eut perdu les deux premiers matchs de la série de première ronde qui l’opposait aux Nordiques en 1993, Patrick Roy avait osé aller sur la place publique pour livrer son message.

« On respecte trop les Nordiques, avait-il lancé dans le garage du Forum à un petit groupe de journalistes dont j’étais, la veille du troisième match.

« On n’arrête pas de dire qu’ils sont beaux, fins et talentueux. Mais ce n’est pas en les vantant qu’on va les battre. C’est fini ! À partir du prochain match, on va s’imposer. »

Le reste est passé à l’histoire.

Byron mérite mieux

Encore là, le Canadien d’aujourd’hui ne mise pas sur un meneur comparable à Casseau. Mais il n’a pas le droit de baisser les bras.

La série qui commence ce soir serait une belle occasion pour Jonathan Drouin de prendre du galon. Qu’il oublie qu’il joue devant des gradins vides et qu’il se donne à fond. Avoir de l’énergie, ça commence par soi-même.

Qu’il performe comme il le faisait au début de la saison.

Paul Byron mériterait, quant à lui, d’être utilisé davantage, plus souvent surtout que Jordan Weal. Lors de la rencontre préparatoire contre les Leafs, Weal a passé 16:38 minutes sur la glace, dont 5:11 minutes en supériorité numérique. Il n’a obtenu aucun tir au but.

Quant à Byron, il n’a été utilisé que pendant 10:41 minutes, incluant 1:27 minute en infériorité numérique. Il a marqué une fois sur deux lancers.

On sait toujours à quoi s’attendre avec lui. En patinant à la vitesse de l’éclair, il produit des étincelles. Il se veut un précieux atout contre une équipe comme les Penguins.

Les astres devront être alignés pour que le Canadien empêche les Penguins d’accéder aux rondes éliminatoires. Ça va prendre de la ténacité et de la chance, beaucoup de chance. 

Le jeune veut apprendre  

À leur arrivée à Montréal pour le début de la Série du siècle en 1972, les membres de l’équipe de l’Union soviétique avaient déclaré qu’ils étaient venus pour apprendre des professionnels canadiens. On connaît le reste de l’histoire.

Alexander Romanov est venu, lui aussi, pour apprendre. Si l’entrevue qu’il a donnée aux médias montréalais, hier, a été de courte durée, elle nous en a dit un peu beaucoup sur le jeune homme.

On ne l’a pas senti du tout gêné, même si ses connaissances de l’anglais sont limitées pour le moment. Mais il est en avance sur Andrei Markov qui ne parlait que le russe à ses débuts avec le Canadien et qui se méfiait de tout et de tout le monde. Il lui avait fallu du temps pour s’acclimater au monde capitaliste.

C’est facile de voir que Romanov est heureux de se retrouver avec le Canadien et qu’il tient à bien faire. Il donne l’impression qu’il pourrait mériter un poste avec le grand club dès la saison prochaine.

Drôle de solidarité

Les cérémonies d’appui aux Afros-Américains présentées avant les événements sportifs, c’est bien. 

Mais j’ai un malaise quand je vois des joueurs se taper dessus quelques instants plus tard.

C’est arrivé lors d’un match entre les Dodgers et les Astros cette semaine. Le lanceur des Dodgers, Joe Kelly, a lancé près de la tête d’Alex Bregman des Astros, en signe de vengeance pour l’histoire des vols de signaux lors de la Série mondiale entre les deux clubs, en 2017. 

Lorsque les deux joueurs, qui sont Blancs, se sont engueulés, tous les autres, Afro-Américains, Blancs, Latins comme Asiatiques ont sauté sur le terrain. 

Alors que les programmes de boxe demeurent interdits à plusieurs endroits en raison de la COVID-19, le match préparatoire entre les Rangers et les Islanders a donné lieu à une bagarre entre Brendan Lemieux, qui était déjà sous le coup d’une suspension pour les deux premiers matchs des Rangers en ronde qualificative, et Johnny Boychuk.

Gary Bettman devrait en profiter pour promulguer la fin des bagarres dans sa ligue. Mais ne comptons pas là-dessus.